Partage familial Steam : comment ça marche, combien de membres et quelles limites prévoit Valve

Six comptes, pas un de plus. Une famille Steam réunit un organisateur et cinq autres membres, soit six au total, et ce plafond ne se négocie pas. Valve a présenté ces groupes familiaux en mars 2024, et la formule remplace à la fois Steam Family Sharing et Steam Family View.

Un foyer, une région, un verrou d’un an.

À retenir
  • Une famille Steam compte un organisateur et cinq autres membres, soit six au total.
  • Chaque emplacement subit un cooldown d’un an avant d’être remplacé.
  • Les bibliothèques ne se partagent qu’entre comptes enregistrés dans la même région.

Une bibliothèque commune, pas un prêt à la chaîne

Pendant dix ans, le partage familial de Steam reposait sur l’autorisation d’appareils précis, avec une bibliothèque qui se verrouillait dès qu’un proche empruntait un jeu. Le système actuel fonctionne par compte. On crée une famille, puis on invite jusqu’à cinq personnes, et la gestion se fait depuis le client Steam, un mobile ou un navigateur. Chaque membre reçoit un rôle, adulte ou enfant : tout adulte gère les invitations et les restrictions de compte, tandis que les enfants sont soumis au contrôle parental et ne peuvent pas administrer la famille.

Les jeux éligibles de chacun alimentent un pool commun. Chaque joueur garde ses sauvegardes, ses succès et ses paramètres, et le propriétaire d’un titre peut le marquer comme privé pour le sortir du partage.

La règle des licences reste le point de friction. Chaque copie possédée ne peut servir qu’un joueur à la fois, mais deux membres peuvent lancer des jeux différents en même temps, même si l’un joue à un titre acheté par l’autre. Pour jouer au même jeu à deux, la bibliothèque familiale doit contenir deux exemplaires éligibles. Quand plusieurs membres possèdent le titre, Steam laisse choisir une copie et peut en proposer une autre si la première est occupée.

Le gain par rapport à l’ancien modèle est concret : celui-ci bloquait le prêteur dès qu’un autre membre empruntait un titre. Le propriétaire peut maintenant lancer autre chose dans sa collection pendant que son frère ou sa sœur profite de son RPG. Même les jeux de la famille Steam se lancent en mode déconnecté.

Rejoindre une famille ne coûte rien.

Les verrous que Valve a posés

Le plafond de six vise un public précis : Valve parle d’un foyer de proches, jusqu’à six personnes. L’éditeur prévient aussi qu’il pourra ajuster les conditions de participation ou le nombre de membres au fil du temps. En pratique, on peut encore monter une famille entre plusieurs domiciles d’une même région, même si Valve préférerait un seul foyer.

Le délai d’un an est la limite qui surprend le plus. Chaque emplacement subit un cooldown d’un an : si quelqu’un part, on ne peut pas le remplacer tout de suite. Un adulte peut quitter la famille quand il veut, mais doit attendre un an après son arrivée dans la précédente pour en créer ou en rejoindre une autre. Un enfant ne peut pas partir seul : un adulte de la famille ou le support Steam doit le retirer. Et si une invitation semble refusée alors qu’il reste de la place, la cause est presque toujours une invitation en attente qui occupe l’emplacement, ou un cooldown de la personne invitée.

Côté géographie, les bibliothèques ne se partagent qu’entre comptes enregistrés dans la même région. Cette règle cible ceux qui profitaient des prix plus bas d’autres pays ou accédaient à des titres indisponibles chez eux.

Tout n’est pas partageable non plus. Le développeur d’un jeu décide s’il est éligible au partage, et il peut se retirer à tout moment. Sont aussi exclus les titres restreints dans la région choisie et ceux qui exigent des comptes supplémentaires, des abonnements ou des clés tierces.

VAC, parents et achats : les réglages qui comptent

Le point qui fâche, c’est la triche. D’après SteamDB, la politique VAC peut faire bannir le propriétaire du jeu pour la triche de quelqu’un d’autre. Mon avis : n’invitez pas quelqu’un que vous ne laisseriez pas approcher un serveur compétitif avec votre compte. SteamDB range ce risque à côté du plafond de six membres, des cooldowns d’un an et du contrôle de région, soit les quatre garde-fous du système.

Valve ne publie pas les signaux qui définissent un foyer.

Pour les parents, Valve met en avant le choix des titres partagés, les horaires et durées de jeu, l’accès aux communautés en ligne et aux fonctions de chat. On peut aussi exiger une validation avant qu’un enfant ajoute un jeu à sa bibliothèque. Ces informations sont consultables où que l’on accède à Steam, mobile compris.

Le système vaut aussi pour les personnes avec lesquelles on partage un PC ou un Steam Deck. Chacun s’y connecte avec son propre compte, ce qui évite de mélanger les sauvegardes.

Avant la première invitation, une vérification s’impose : la personne ciblée ne doit pas être dans un cooldown hérité d’une autre famille. Les achats restent à celui qui les a payés, et les autres membres obtiennent un accès, pas la propriété, un détail qui compte le jour où quelqu’un quitte le groupe. Autre piège : un contenu additionnel différent d’une copie à l’autre peut rendre une sauvegarde incompatible, même quand le nombre d’exemplaires suffit.