Deux heures. C’est le temps que t’accorde l’Epic Games Store avant de fermer la porte au remboursement, chargement compris. Les produits PC et Mac sont éligibles à un remboursement dans les 14 jours suivant l’achat s’ils sont marqués comme « remboursables » ou « auto-remboursables », à condition d’avoir moins de 2 heures de temps d’utilisation enregistré. Le hic, c’est que ce compteur ne fait pas de distinction entre les minutes de jeu réel et celles passées à fixer une barre de progression.
Le principe de base reste simple sur le papier. Une offre soumise à conditions, mais qui ne nécessite aucune justification, à condition d’avoir effectué l’achat il y a moins de 14 jours et d’y avoir joué moins de deux heures. Epic avait vendu ce système comme une révolution face à Steam à l’époque de son lancement, avec un remboursement en libre-service sans avoir à justifier quoi que ce soit.
Le problème arrive quand le launcher confond attente et gameplay. Le client Epic Games peut parfois mal calculer le temps de jeu : vous jurez avoir joué 30 minutes, mais votre compte affiche 3 heures, notamment si le jeu tourne en arrière-plan ou pendant de longs écrans de chargement ou d’installation qui comptent comme du « temps de jeu ». Un joueur qui laisse tourner l’installation d’un triple A pendant qu’il va se faire un café voit son chrono défiler exactement comme s’il canardait des zombies.
- Le compteur de temps d’Epic Games inclut les écrans de chargement et les installations comme du temps de jeu réel
- Passé deux heures, le bouton de remboursement automatique disparaît et nécessite une intervention manuelle du support
- Contacter le support avec preuves peut débloquer un remboursement si le dépassement provient d’un bug technique ou d’une installation anormalement longue
Un chrono aveugle qui ne fait pas de différence
La limite de 2 heures s’applique au temps de jeu suivi par le launcher Epic Games : lancer un jeu, tester les réglages, faire le tutoriel ou le laisser tourner en arrière-plan, tout ça compte dans le total. Le launcher ne sait pas si vous êtes en train de configurer vos manettes ou coincé sur un écran noir qui charge des textures pendant vingt minutes.
Les retours d’expérience sur ce genre de blocage ne manquent pas, notamment côté Steam qui applique une règle quasi identique. Certains jeux ont des écrans de chargement qui comptent comme des « heures jouées ». Un joueur a même raconté avoir attendu plus de 16 heures sur un écran de chargement pour un simulateur de vol, sans jamais réussir à lancer une partie, et s’être retrouvé hors des clous du remboursement automatique à cause de ce délai d’installation comptabilisé comme temps de jeu.
Passé ce cap fatidique, le bouton magique disparaît tout simplement. Il vaut mieux éviter de laisser le jeu tourner en arrière-plan, sur un écran de pause ou dans un menu, car les launchers peuvent quand même compter ce temps comme du temps de jeu. Le libre-service s’arrête net, et il faut alors passer par un ticket manuel pour espérer une intervention humaine.
Ce qui reste possible une fois le mur atteint
Tout n’est pas perdu pour autant si le compteur a dérapé à cause d’un bug technique. Il est conseillé de contacter le support Epic Games Player Support, d’expliquer la situation clairement avec captures d’écran et détails, et l’équipe peut alors examiner manuellement le temps de jeu réel et ajuster l’éligibilité au remboursement. Ce n’est jamais garanti, mais plusieurs joueurs ont obtenu gain de cause en documentant un plantage répété ou une installation anormalement longue.
Le raisonnement d’Epic tient sur un chiffre rond censé départager l’essai légitime de l’abus caractérisé. La plupart des jeux ne peuvent pas être « terminés » en quelques heures, mais 120 minutes suffisent généralement à déterminer si un jeu fonctionne sur votre configuration ou non. Mais ce raisonnement suppose un chargement instantané, ce qui n’existe plus vraiment à l’ère des open worlds de 150 Go et des installations qui grignotent une soirée entière.
La fenêtre des 14 jours, elle, démarre à l’achat et non au premier lancement. Deux conditions sont primordiales pour pouvoir en faire la demande : avoir joué moins de deux heures et le demander dans les 14 jours suivant la date d’achat, et non pas la date de la première utilisation. Un jeu précommandé et installé trois jours avant sa sortie grignote donc déjà son délai de remboursement pendant que la barre de téléchargement tourne.
Les autres pièges à connaître avant de cliquer
Le remboursement ne couvre pas tout, loin de là. Dans la catégorie non remboursable par défaut, on trouve tout ce qui a un rapport avec de la monnaie virtuelle et des biens consommables in-game. V-Bucks, packs de crédits ou skins achetés séparément passent donc à la trappe dès l’instant où ils sont dépensés ou livrés sur le compte.
Certaines situations restent en revanche traitées avec souplesse. Si un jeu récemment acheté est ensuite soldé, il est possible d’obtenir un remboursement total et de le racheter immédiatement, cette pratique n’étant pas considérée comme de l’abus de remboursement. Une bonne nouvelle pour ceux qui craquent juste avant une promo Epic, à condition évidemment de rester sous la barre des deux heures de jeu comptabilisées.
Abuser du système reste risqué à long terme. Si Epic constate un abus de la politique de remboursement, l’utilisateur ne sera plus autorisé à être remboursé à l’avenir. Racheter et rembourser le même titre en boucle finit par griller la mécanique pour de bon.
La meilleure parade reste finalement assez simple : lancer le jeu, vérifier tout de suite dans sa bibliothèque le temps déjà comptabilisé, et ne pas laisser tourner l’installation toute une nuit sans surveiller le compteur. Une vigilance de deux minutes qui évite parfois deux heures de mauvaise surprise.
Sources : tomsguide.fr | gamergen.com