Nintendo colle la batterie au fond de ses Joy-Con depuis le premier jour : ce montage a ses derniers mois devant lui en Europe

Depuis le lancement de la première Switch en 2017, Nintendo n’a jamais dévié de sa méthode : la batterie de chaque Joy-Con est collée à la coque, impossible à retirer sans dessouder ou forcer le boîtier. Ce montage vit ses derniers mois en Europe. La décision de revoir la conception de sa console est une conséquence directe d’une législation ambitieuse sur le droit à la réparation, la nouvelle réglementation UE connue sous le nom de 2023/1542, qui force la main des fabricants. À partir de février 2027, la colle industrielle devient illégale sur ce type d’appareil vendu dans l’Union européenne.

Nintendo a confirmé le changement cet été. L’entreprise rappelle que ce règlement exige qu’à compter du 18 février 2027, les batteries intégrées dans certains appareils vendus dans l’UE doivent pouvoir être facilement remplacées par les utilisateurs finaux à tout moment durant le cycle de vie du produit. Fini le tournevis de précision et le décollement à l’alcool isopropylique qu’il fallait maîtriser pour changer soi-même une batterie de Joy-Con.

À retenir
  • La réglementation UE 2023/1542 impose que les batteries des appareils portables soient remplaçables par l’utilisateur à partir du 18 février 2027.
  • Les nouveaux Joy-Con avec batterie amovible arrivent cet été, suivis de la Switch 2 à l’automne et des manettes Pro en hiver.
  • La capacité des nouvelles batteries diminue de 1 % (5 172 mAh contre 5 220 mAh) mais l’impact sur l’autonomie en jeu reste minime.

Un texte européen qui vise large

Le règlement (UE) 2023/1542 entre en vigueur à partir du 18 février 2027 et concerne presque tous les appareils portables alimentés par une batterie, parmi lesquels les casques, les liseuses, les consoles portables, ou les ordinateurs portables. Contrairement à la loi qui encadre séparément les smartphones et tolère certaines dérogations, celle qui touche les consoles ne laisse pas beaucoup de marge de manœuvre.

Le principe est simple : l’utilisateur doit pouvoir retirer et remplacer lui-même la batterie de son appareil avec des outils courants, un tournevis standard suffit, et si un outil spécifique est nécessaire, le fabricant doit le fournir gratuitement avec le produit. Les pièces de rechange devront en plus rester disponibles pendant au moins cinq ans après la commercialisation. Sennheiser et Fender ont déjà anticipé la contrainte sur leurs appareils audio.

Nintendo n’avait pas vraiment le choix.

Le calendrier détaillé produit par produit

La firme de Kyoto a précisé son plan le 6 juillet 2026. La paire de Joy-Con avec batterie remplaçable est arrivée cet été, tandis que la Nintendo Switch 2 avec batterie remplaçable devrait débarquer cet automne. Cet hiver, l’entreprise lance aussi les Joy-Con 2 et la Manette Pro Nintendo Switch 2 avec batterie amovible, tandis que les nouvelles versions des manettes N64 et GameCube arrivent début 2027.

Un détail permet de repérer les nouveaux modèles sur les étagères. Visible sur l’emballage, le code « OSM » permet de différencier les appareils conformes aux nouvelles normes de l’UE des produits actuels. Pas de changement de nom grand public, juste un sigle discret imprimé sur la boîte.

La modification technique reste minime côté performances. La console reçoit une batterie légèrement plus petite (5 172 mAh contre 5 220 mAh) mais conçue pour être retirée et remplacée sans outil spécialisé ni adhésif fort, et les performances, l’écran et le fonctionnement du jeu restent strictement identiques. La perte de capacité annoncée par Nintendo est d’environ 1 %, un impact minime sur l’autonomie réelle en jeu, tandis que la prise de poids de 10 grammes pour la console seule est plus perceptible. Aucune hausse de prix n’a été annoncée pour ces versions révisées.

Ce que ça change vraiment pour les joueurs

Les possesseurs actuels de Switch ou de Switch 2 n’ont rien à craindre d’une obligation de mise à jour forcée. Rien n’oblige les possesseurs actuels à remplacer leur console : le changement ne concerne que les nouvelles unités mises en vente après le lancement du modèle révisé. Ceux qui possèdent déjà une paire de Joy-Con collée garderont leur matériel tel quel, colle comprise.

Le contexte technique explique pourquoi Nintendo traîne des pieds depuis des années sur la réparabilité. En juin 2025, iFixit a démonté la Switch 2 et lui a attribué un score de réparabilité de 3 sur 10, pire que celui de la Switch originale rétroactivement abaissé à 4/10. La colle au fond des Joy-Con n’était qu’un symptôme parmi d’autres d’une philosophie de conception qui privilégiait la compacité sur la maintenance utilisateur.

La bascule reste strictement géographique pour le moment. Aucune version vendue au Japon ou aux États-Unis ne sera modifiée pour l’instant, mais le Nikkei précise que si d’autres marchés adoptent des règles similaires, Nintendo pourrait y déployer les mêmes changements. Un joueur américain qui importe une Switch 2 européenne après 2027 pourrait donc se retrouver, sans le savoir, avec la seule version de la console dont la batterie se change à la maison.

La fin de la colle s’accompagne d’un autre effet collatéral, moins commenté. Nintendo a aussi annoncé la fin, en Europe, de la commercialisation de la Switch originale, de la Switch Lite et de la Switch OLED, plutôt que d’investir dans une refonte de consoles déjà en fin de carrière commerciale. Trois générations de machines disparaîtront donc des rayons européens au même moment où les Joy-Con changeront enfin de méthode de fixation, presque dix ans après leur lancement.