« Je pensais que 30 fps allait tuer ce portage » : pourquoi Dragon’s Dogma 2 sur Switch 2 explose quand même les prévisions de Capcom

Un port de RPG bourré d’ogres et de dragons sur une console portable, ça sent souvent le sapin niveau performances. Mais Dragon’s Dogma 2 vient de retourner le script : dans un entretien accordé à Eurogamer, le producteur Naoto Oyama annonce que la version Switch 2 dépasse déjà les attentes internes du studio. Mieux encore, le jeu tourne actuellement à un « minimum 30 images par seconde », un chiffre qui grimpe même plus haut dans de nombreuses scènes. Pour un titre qui traînait une réputation de catastrophe technique, l’ironie est savoureuse.

À retenir

  • Un producteur Capcom admet avoir douté du portage Switch 2 de Dragon’s Dogma 2
  • Le RE Engine s’avère être l’arme secrète : chaque amélioration sur PS5/Xbox profite aussi à la Switch 2
  • Dark Arisen arrive le 9 octobre 2026 avec 25 heures de contenu neuf, mais la vraie surprise c’est la stabilité technique

Le passif encombrant d’un RPG culte mais capricieux

Remettons les choses dans leur contexte. Dragon’s Dogma 2, sorti en mars 2024 et malmené pour ses chutes de framerate, s’apprête à débarquer sur Switch 2 le 9 octobre 2026 dans une forme que même ses créateurs n’espéraient pas. À l’époque, le problème ne venait pas d’un manque d’optimisation graphique classique, mais d’un choix de design radical : le moteur simulait alors une IA complète pour chaque PNJ à portée, ce qui saturait les processeurs. Résultat, les zones urbaines transformaient les PS5 et Xbox Series en mijoteuses laborieuses, et sur PC, certains joueurs équipés de configurations solides galéraient carrément à dépasser les 30-40 fps en zone d’ouverture.

Le jeu traînait aussi une image un peu écornée à cause de ses microtransactions, jugées superflues par une partie de la communauté. Pourtant, commercialement, ça n’a jamais vraiment freiné l’engouement : Capcom annonçait début avril 2024 que Dragon’s Dogma 2 avait déjà vendu 2,5 millions de copies dans le monde depuis son lancement du 22 mars, portant les ventes cumulées de la franchise à 10 millions. Un carton qui a continué de grossir, avec quatre millions de copies écoulées annoncées par Capcom début novembre. Bref, le public aimait le jeu malgré ses défauts, un peu comme on aime un pote bordélique mais attachant.

Le RE Engine, la botte secrète que personne n’avait vue venir

Alors comment expliquer ce retournement de situation sur une console techniquement moins puissante que les PS5 et Xbox Series X|S sur le papier ? La réponse tient en trois lettres : RE Engine. « Le RE engine, sur lequel nous développons désormais nos jeux, s’est avéré être un excellent choix pour la Nintendo Switch 2 », explique Oyama. Ce moteur maison, utilisé sur pratiquement toute la production Capcom depuis plusieurs années, fonctionne comme une base de connaissances partagée entre équipes.

Les versions Switch 2 de Pragmata et de Resident Evil Requiem, lancées plus tôt cette année, ont été bien reçues et ont nourri un précieux savoir-faire : comme il s’agit d’un moteur interne, chaque amélioration apportée sur un jeu profite aux suivants, et les équipes se transmettent leurs trouvailles. Concrètement, chaque studio qui porte un jeu sur Switch 2 laisse des miettes de pain technique aux suivants, un peu comme un DLC gratuit de compétences pour toute la boîte. Et le plus savoureux dans l’histoire, c’est que le travail effectué sur les versions PS5 et Xbox profite directement à Switch 2 : « tout l’effort qu’on a mis dans les versions PS5 et Xbox Series X/S se répercute aussi sur la version Switch 2, et on constate actuellement un minimum de 30 fps sur ce matériel, et même plus dans de nombreuses scènes », précise le producteur.

Ce port n’était même pas prévu à l’origine. Le portage n’était pas prévu au départ, mais après avoir constaté la compatibilité du RE Engine avec la console, les équipes ont décidé de tenter l’expérience. Capcom a un peu découvert le filon en cours de route, et a décidé d’en profiter à fond.

Dark Arisen, la vraie carte maîtresse du 9 octobre

Le timing n’est évidemment pas anodin. Ce portage arrive main dans la main avec une extension d’envergure. Le port Switch 2 arrive le 9 octobre 2026 sous le nom Dragon’s Dogma 2: Dark Arisen, Capcom ayant confirmé le DLC Norgan lors du Nintendo Direct du 9 juin, ajoutant une région enneigée, une mécanique d’expertise et le Relic Expedition Cycle, avec le jeu de base et le précédent DLC inclus. Sur le fond, Capcom recycle une formule qui a déjà fait ses preuves avec le premier opus : à l’image du Dragon’s Dogma: Dark Arisen original de 2013 qui packageait le jeu de base avec toute l’extension Bitterblack Isle, cette version suit la même structure, offrant l’expérience complète en un seul achat aux nouveaux venus tandis que les propriétaires existants récupèrent Norgan comme ajout substantiel.

Côté contenu chiffré, l’extension ajoute la région enneigée de Norgan avec douze donjons inédits baptisés « Rites oubliés », pour environ 25 heures de contenu supplémentaire annoncées par Capcom. Un détail amusant pour ceux qui jouent déjà sur PC ou consoles de salon : la version Nintendo inclura le jeu de base et son extension, alors que sur les autres plateformes, Dark Arisen sera vendue séparément en DLC. La Switch 2 hérite donc, pour une fois, du meilleur deal du marché plutôt que du service minimum habituel réservé aux portages Nintendo.

Un pari qui dépasse le simple jeu vidéo

Ce succès technique s’inscrit dans une dynamique plus large. Capcom enchaîne les portages réussis sur la console hybride, avec Street Fighter 6, Resident Evil Requiem et bientôt Onimusha déjà installés sur la console de Nintendo. Ce n’est plus un coup de chance isolé, c’est une méthode. Reste que la prudence est de mise : même Oyama tempère son enthousiasme en rappelant qu’il reste encore un peu de temps avant la sortie du jeu. Et sur PC, le jeu traîne toujours une réputation mitigée, puisque sa note « Mixed » sur Steam s’explique largement par des crashs persistants et des framerates bas. la version Switch 2 pourrait bien devenir, paradoxalement, la façon la plus stable de découvrir Dragon’s Dogma 2, presque trois ans après sa sortie chaotique. Un comble pour un jeu qu’on annonçait injouable sur portable.