Cette option cachée dans les paramètres de vos jeux divise les temps de chargement par deux — et presque personne ne l’active

Le vrai coupable derrière vos temps de chargement interminables, ce n’est probablement pas votre SSD ni votre GPU. C’est un combo de deux paramètres que 90 % des joueurs n’ont jamais touchés, et qui font silencieusement du zèle à chaque fois que vous lancez un jeu. Le cache des shaders et les exclusions antivirus. Deux réglages, cachés en pleine vue, capables de transformer votre expérience de jeu sans débourser un centime.

À retenir

  • Un paramètre GPU méconnu économise les compilations de shaders et accélère drastiquement les chargements répétés
  • Windows Defender analyse vos dossiers de jeux en temps réel et ralentit massivement les performances
  • Microsoft prépare une solution définitive capable de réduire les temps de lancement de 85 %

Pourquoi vos jeux chargent lentement (et ce n’est pas votre faute)

La majorité des jeux PC sous DirectX 12 imposent une étape fastidieuse au démarrage : la compilation des shaders. Elle donne naissance à des éléments graphiques essentiels, textures, lumières, modèles 3D, qui doivent être mis en cache, faute de quoi les risques de saccades en pleine partie sont élevés. chaque fois que vous lancez un titre pour la première fois, votre machine se transforme en petit usine de traitement graphique. C’est long. C’est frustrant. Et surtout, c’est en partie évitable.

En raison du nombre de GPU PC différents, il est impossible pour les jeux de pré-compiler leurs shaders pour un GPU spécifique, et la seule façon d’obtenir des shaders exécutables sur le matériel PC précis est de laisser les pilotes vidéo les compiler à un certain moment du jeu. C’est le grand paradoxe du PC gaming : une liberté de configuration totale, mais un coût en temps de chargement que les consoleux ne connaissent pas. La PS5 ou la Xbox Series X lancent Ratchet & Clank en deux secondes précisément parce que le hardware ne change jamais.

Sur Windows 11, le temps de chargement dépend de la vitesse à laquelle ton disque peut envoyer les données à la RAM et à la carte graphique. Mais parfois, c’est Windows lui-même qui joue au douanier en scannant chaque fichier de texture avant de laisser le jeu l’utiliser. Et c’est là que les choses deviennent intéressantes.

Le shader cache : l’option que votre GPU vous offre et que vous ignorez

Dans le panneau de configuration des GPU AMD et Nvidia, il existe un paramètre appelé Cache de Shader, qui sauvegarde toutes les interactions et textures qui se produisent pendant le gameplay en mémoire, de sorte que lors d’une situation similaire à l’avenir, le système n’a pas besoin de recharger toutes ces informations. Le Cache de Shader permet ainsi des temps de chargement plus rapides dans les jeux et une réduction de l’utilisation du CPU en compilant et en stockant des shaders fréquemment utilisés.

La « Taille du cache des ombrages » (disponible depuis le driver 495) contrôle la quantité d’espace disque que le pilote peut utiliser pour enregistrer les compilations des shaders. En général, ces compilations sont calculées à chaque lancement d’un jeu et constituent une cause commune de saccades. Le cache des shaders stocke ces shaders compilés, de sorte que les exécutions postérieures du même jeu n’auront pas à refaire la compilation. En clair : la première fois que vous lancez un jeu, votre GPU compile et mémorise. La deuxième fois ? Il ressort ses notes et démarre bien plus vite.

Le problème, c’est la taille par défaut de ce cache. Pour Nvidia, dans le panneau de configuration, section « Gérer les paramètres 3D » puis « Paramètres globaux », vous trouvez l’option « Taille du cache de shader ». Par défaut, elle est fixée à 4 Go, mais vous pouvez l’augmenter jusqu’aux 10 Go recommandés pour les jeux AAA, voire sélectionner « Illimité » si vous avez beaucoup d’espace disque. Quatre gigaoctets, c’était raisonnable à l’époque de jeux qui pesaient 20 Go. Aujourd’hui, certains AAA dépassent 150 Go de données. Le cache déborde, les anciens shaders sont effacés, et votre jeu recommence à compiler. Cercle vicieux.

Du côté AMD, vous ne pouvez pas ajuster la taille du cache de shader, mais vous pouvez activer l’option dans l’application pour vous assurer qu’elle enregistre bien les shaders. Dans AMD Radeon Software (Adrenalin), direction les Paramètres globaux et réglez « Cache shader » sur « AMD optimisé ». La mise en cache des shaders activée permet de réduire les temps de chargement et les saccades. Et si votre cache shaders Nvidia devient obsolète après une mise à jour majeure du jeu ou de pilote, il est censé accélérer les chargements et réduire les freezes. Mais ce cache peut se corrompre ou devenir obsolète après une mise à jour, résultat : saccades, freezes, performances en chute libre. Dans ce cas, le vider et le laisser se reconstruire proprement repart sur de meilleures bases.

L’antivirus qui joue les agents de douane dans votre dossier de jeux

Par défaut, Windows Defender analyse tous les fichiers, dossiers et processus en temps réel. Cela garantit une bonne sécurité, mais peut aussi ralentir certains logiciels ou déclencher des faux positifs, notamment avec les jeux. Et c’est là que se cache le deuxième coupable méconnu.

Quand un jeu charge 10 Go de textures, l’antivirus analyse ces 10 Go en temps réel. C’est un frein énorme. En excluant le dossier du jeu, on supprime ce contrôle de douane. La solution : ajouter votre dossier de jeux (Steam, Epic, GOG) à la liste des exclusions de Windows Defender. Il est possible de mettre en exception des fichiers, des dossiers ou des processus dans Microsoft Defender Antivirus afin qu’ils ne soient plus scannés. Cela permet notamment d’exclure un dossier qui contient des fichiers légitimes, ou encore de gagner en performances avec certaines applications.

La manipulation prend trois minutes. Pour ajouter une exclusion dans Microsoft Defender Antivirus, passez par l’application Sécurité Windows : ouvrez les paramètres (Win + I), rendez-vous dans « Confidentialité et sécurité » puis « Sécurité Windows », ouvrez la page « Protection contre les virus et menaces », cliquez sur « Gérer les paramètres », puis sous « Exclusions », cliquez sur « Ajouter ou supprimer des exclusions ». Attention, un point important : ne faites ça que pour vos dossiers de jeux légitimes (Steam, Epic), pas pour votre dossier Téléchargements ! Le risque sécuritaire est réel si vous excluez les mauvais dossiers. Ajouter des exclusions permet d’empêcher Defender de scanner certains dossiers ou fichiers, ce qui réduit la charge sur le CPU et accélère leur exécution.

Ce que Microsoft prépare pour régler le problème à la source

Ces deux réglages sont des solutions d’aujourd’hui. Mais Microsoft a déjà annoncé ce qui ressemble à la solution définitive. Lors de la GDC 2026, Microsoft, Intel et Nvidia ont annoncé une nouvelle méthode permettant de fournir des shaders précompilés dans le cadre du téléchargement des jeux, éliminant ainsi les longs délais d’attente lorsque les joueurs lancent un titre pour la première fois. Cette technologie s’appelle Advanced Shader Delivery.

Avec l’Advanced Shader Delivery, Microsoft déplace la compilation des shaders vers une infrastructure cloud. Lors de tests réalisés avec le studio Obsidian Entertainment, la société a observé une réduction de 85 % du temps de lancement, tout en diminuant la charge sur le processeur et la batterie des appareils. 85 %. C’est le genre de chiffre qui donne envie de relire la phrase deux fois. Lorsqu’un joueur lance un jeu, l’application Xbox PC détecte automatiquement sa configuration matérielle et ses pilotes pour télécharger le package approprié. Les shaders sont alors prêts à l’emploi dès la première exécution du jeu.

Revers de la médaille : les bénéfices de DirectStorage 1.4, autre nouveauté de la GDC 2026, ne seront pas visibles demain matin. Il s’agit d’une preview destinée aux développeurs, et l’adoption côté studios prendra du temps. Les optimisations GPU des partenaires hardware ne sont attendues qu’en seconde moitié de 2026. Microsoft confirme néanmoins que Steam, Epic Games et GOG pourront également tirer parti de ces shaders précompilés. En attendant que l’industrie adopte massivement ces technologies, le cache shader agrandi et l’exclusion antivirus restent les deux leviers les plus rapides à activer, et les plus sous-estimés de toute la communauté gaming PC.