La DualSense tient à peine quelques heures sur une charge complète : les joueurs viennent seulement de comprendre quelle option Sony laisse activée par défaut

Une manette qui passe de 100 % à zéro en à peine trois ou quatre heures de jeu intensif, ça n’a rien d’une légende urbaine. C’est le quotidien de millions de possesseurs de DualSense, et la faute ne vient pas d’une batterie défaillante mais d’un réglage que Sony laisse tel quel depuis le lancement de la PS5 : le contrôleur ne s’éteint jamais tout seul par défaut. Concrètement, si vous posez votre manette pendant une pause pipi, un appel téléphonique ou une pause déjeuner sans éteindre la console, elle continue de sucer du jus dans le vide.

À retenir

  • Une option Sony cachée laisse votre manette active même pendant les pauses
  • Le retour haptique et les gâchettes adaptatives consomment 60-70% de l’énergie non essentielle
  • Trois réglages simples dans les paramètres peuvent ajouter jusqu’à 3,5 heures d’autonomie

Le vrai coupable : l’arrêt automatique, désactivé d’office

Par défaut, la DualSense ne s’éteint jamais automatiquement, quelle que soit la durée d’inactivité. Ce qui signifie que si vous vous éloignez de votre système, ne serait-ce que quelques minutes, votre manette continue de se vider jusqu’à ce qu’elle soit complètement à plat. Un détail que la plupart des joueurs ignoraient totalement jusqu’à ce qu’un utilisateur repère le problème et le partage massivement sur les réseaux sociaux début 2026.

Un utilisateur du nom de Modyfikator89 a présenté sur X une astuce consistant à activer le mode économie d’énergie de la DualSense, en réglant l’extinction automatique du contrôleur après une période d’inactivité définie, l’utilisateur suggérant dix minutes. Le twist, c’est que cette fonctionnalité existe depuis longtemps. Ce n’est pas une astuce propre à la PS5 : la fonction d’économie d’énergie est disponible depuis deux générations de consoles, mais elle ne vient pas forcément activée par défaut et peut vraiment prolonger l’autonomie de la manette sur le court et le long terme. Sony a intégré l’outil, mais ne l’active jamais lui-même, laissant chaque joueur découvrir le problème à ses dépens, généralement au pire moment, en pleine session de raid ou de boss final.

Haptique, gâchettes adaptatives et LED : le trio qui pompe le plus de jus

La désactivation automatique n’explique pas tout. La DualSense embarque une technologie bien plus gourmande que n’importe quelle manette PlayStation précédente, et c’est justement ce qui fait sa réputation. Le retour haptique et les gâchettes adaptatives représentent ensemble environ 60 à 70 % de la consommation non essentielle de la manette, la barre lumineuse arrivant juste derrière comme deuxième poste de dépense, le reste étant marginal. Et ces deux fonctions sont, sans surprise, activées à leur intensité maximale dès la sortie de la boîte.

Le calcul est parlant. Réduire ou désactiver ces deux plus gros consommateurs permet de récupérer entre 2 et 3,5 heures d’autonomie, ce qui peut faire passer une session de 5 heures à 7 ou 8 heures, la différence entre le pire cas (4 heures) et le meilleur cas (13 heures) représentant une amélioration de l’ordre de 3x. Sur le papier, la DualSense promettait déjà une autonomie moyenne. Le DualShock 4 avait une autonomie de batterie tristement célèbre pour sa faiblesse, et si la DualSense de la PS5 fait légèrement mieux, elle s’épuise tout de même plus vite qu’on ne l’espérerait, notamment à cause de son retour haptique, de ses gâchettes adaptatives et de son éclairage, pour une tenue d’environ 10 à 12 heures. Un chiffre optimiste qui fond comme neige au soleil dès qu’on enchaîne les sessions avec toutes les options poussées à fond.

Le micro intégré fait aussi partie des suspects habituels. Peu importe qu’on l’utilise ou non, le microphone de la DualSense s’active par défaut dès la connexion de la manette à la console, restant ensuite aux aguets et consommant de l’énergie pour rien. Ajoutez à ça un haut-parleur qui tourne en permanence, même en sourdine, et vous obtenez une manette qui carbure sur tous les fronts sans jamais vous demander votre avis.

Comment reprendre la main sans sacrifier le fun

La bonne nouvelle, c’est que tout se règle en quelques clics, sans toucher à un tournevis. La priorité absolue reste l’arrêt automatique. Il suffit d’aller dans les Paramètres de la PS5, puis dans l’onglet Économie d’énergie, où l’on trouve l’option Définir le délai avant extinction des manettes, à régler sur Après 10 minutes. Un réglage qui change tout dès qu’on a tendance à s’absenter du canapé sans éteindre la console.

Ensuite, direction les réglages de la manette elle-même. On peut ajuster la luminosité des indicateurs en allant dans Paramètres, Accessoires, Manette (Général), Luminosité des indicateurs de la manette, en passant de Standard à Faible, une petite modification qui réduit la consommation sans affecter les fonctionnalités. Pour les gâchettes adaptatives, certains joueurs les désactivent carrément pour des raisons de confort, avec un effet secondaire bienvenu sur l’autonomie, même si le revers de la médaille, c’est évidemment une perte d’immersion pour ceux qui apprécient la sensation. Quant à la barre lumineuse, la baisser suffit à gratter facilement une demi-heure d’autonomie supplémentaire selon les tests réalisés par certains testeurs.

Pour ceux qui veulent aller plus loin, il existe même des modifications matérielles radicales. Les réglages logiciels ont leurs limites : on peut mettre les vibrations sur Faible, mais les moteurs restent physiquement dans la manette, continuant à consommer de l’énergie en veille et à ajouter du poids, alors que des modifications matérielles suppriment carrément ces limites en retirant physiquement les moteurs haptiques de la DualSense. Une solution extrême, réservée aux bricoleurs assumés, mais qui illustre bien à quel point le problème est structurel plutôt que ponctuel.

Reste un dernier point que peu de monde évoque : cette autonomie qui fond a aussi une explication purement mécanique, indépendante des réglages. Avec des batteries qui s’usent naturellement, le temps de jeu des manettes peut se réduire jusqu’à ce qu’elles perdent progressivement leur capacité à retenir une charge, un processus tout à fait naturel après plusieurs années d’utilisation. Autant dire que si votre DualSense achetée en 2020 tient moins longtemps qu’à sa sortie, ce n’est pas qu’une question de réglages mal configurés : la chimie de la batterie fait aussi son travail d’usure, discrètement, cycle après cycle.