Fini la Switch au fond de la valise : depuis cette règle reprise par les compagnies, qui l’enregistre en soute repart avec son bagage rouvert au comptoir

Ta Switch planquée dans la valise en soute avant un vol ? Mauvaise idée. Depuis que plusieurs compagnies aériennes ont durci leurs règles sur les batteries au lithium, tout appareil électronique équipé de ce type de batterie, console portable comprise, doit voyager en cabine et non en soute. Si tu passes outre, tu risques carrément de te faire rappeler au comptoir pour rouvrir ton bagage devant tout le monde.

À retenir

  • Un incident d’Air Busan a déclenché une vague de restrictions sans précédent chez les compagnies aériennes
  • Certains appareils doivent être ‘complètement éteints’ mais pas définition du terme ne signifie pas ce que tu crois
  • Le détail qu’on oublie toujours—une batterie externe glissée quelque part—peut te coûter cher à l’embarquement

Pourquoi les batteries lithium font si peur aux compagnies

Le problème ne date pas d’hier, mais il a pris une ampleur nouvelle. Les batteries au lithium sont soumises à des restrictions de transport en soute des avions en raison de leur potentiel de risque d’incendie, leur densité énergétique élevée leur permettant de stocker beaucoup d’énergie dans un petit espace, et lorsqu’elles sont endommagées ou défectueuses, elles peuvent surchauffer et entraîner des risques d’incendie ou d’explosion. En soute, personne ne surveille les bagages pendant le vol. En cas de surchauffe, un incendie dans la soute serait très difficile à maîtriser, faute de système de suppression directe des flammes. C’est là toute la logique de la règle : en cabine, un membre d’équipage peut réagir en quelques secondes si un appareil chauffe anormalement. En soute, c’est l’inconnu total jusqu’à l’atterrissage.

Un événement précis a accéléré les choses. L’incendie d’Air Busan en janvier 2025 a marqué un tournant. L’enquête a confirmé qu’une batterie externe défectueuse avait provoqué un emballement thermique, une réaction en chaîne où l’isolation de la batterie cède, la température augmente brutalement et un incendie se déclare. Depuis, les compagnies asiatiques ont ouvert le bal des restrictions, rapidement suivies par les européennes. Selon l’EASA, l’agence de l’Union européenne pour la sécurité aérienne, 2025 a connu un nombre record d’événements liés aux batteries au lithium, incluant des cas de surchauffe et d’ignition de batteries externes pendant la charge. Un chiffre qui donne le vertige quand on sait combien de passagers embarquent chaque jour avec un smartphone, une console ou une batterie externe dans le sac.

Qui a changé quoi, concrètement

La liste des compagnies ayant resserré la vis s’est allongée en quelques mois. Singapore Airlines, par exemple, a interdit l’utilisation de batteries externes à bord à partir d’avril 2025. Cathay Pacific, Emirates, Qatar Airways et Etihad ont emboîté le pas l’année dernière en appliquant la même mesure. Et l’Europe n’est pas en reste : Lufthansa, et donc Brussels Airlines, Air France et Swiss ont également mis en place de nouvelles règles concernant les batteries externes, imposant de conserver la batterie sous le siège devant soi, dans la pochette du siège ou avec soi. Chez Air France, le principe est même gravé noir sur blanc : pour des raisons de sécurité, les batteries externes sont interdites dans les bagages en soute.

La recharge en plein vol devient elle aussi un sujet sensible. Certaines compagnies ne se contentent plus d’interdire la soute, elles bannissent carrément l’usage de la batterie externe pendant le vol. Un durcissement logique quand on sait que la chaleur générée par une charge en cours est justement le scénario qui a déclenché l’incident d’Air Busan.

Et ta Switch dans tout ça ?

Il faut distinguer deux cas, sinon on mélange tout. D’un côté, les batteries externes et batteries de rechange détachées, celles qu’on glisse dans la poche du sac pour recharger son téléphone ou sa console en vol : elles sont bannies de la soute, point final, quelle que soit la compagnie. De l’autre, l’appareil lui-même, avec sa batterie intégrée et non amovible, comme c’est le cas d’une Nintendo Switch, d’un smartphone ou d’un ordinateur portable. Là, la règle est un peu plus souple mais reste stricte sur la forme : certaines compagnies autorisent jusqu’à 15 appareils électroniques dotés d’une batterie au lithium jusqu’à 100 Wh dans les bagages en soute, à condition qu’ils soient complètement éteints. Une Switch classique, avec sa batterie d’environ 16 Wh, rentre largement dans ce plafond.

Le hic, c’est que « complètement éteinte » ne veut pas dire en veille ou en mode repos. Si l’appareil est encore actif d’une quelconque manière et que le contrôle des bagages en soute détecte une source de chaleur ou un signal suspect, direction le comptoir pour ouvrir la valise et vérifier ce qu’il y a dedans. Ce genre de mésaventure n’a rien d’exceptionnel : sur les forums de voyageurs, on trouve régulièrement des témoignages de passagers rappelés à l’embarquement pour retirer une batterie de leur bagage enregistré et la garder sur eux en cabine. Le bagage repart, mais direction contrôle, sac ouvert, minutes perdues, et parfois un vol qui n’attend pas.

Le seuil des 100 Wh n’est pas anodin non plus. Au-delà, jusqu’à 160 Wh, une autorisation préalable de la compagnie est nécessaire, et passé cette limite, l’appareil n’est plus jamais autorisé, ni en soute ni en cabine. Une Switch, même dans sa version OLED, reste très loin de ces plafonds. Ce sont plutôt les batteries externes costaudes, du genre power bank de voyage ou batterie externe pour appareil photo pro, qui flirtent avec ces limites.

Le réflexe à adopter avant de boucler la valise

La règle la plus simple à retenir, valable chez à peu près toutes les compagnies qui appliquent les recommandations de l’IATA, tient en une phrase : les batteries externes doivent être transportées en bagage cabine, elles ne doivent jamais être placées en soute, et leur capacité ne doit pas dépasser 100 Wh sans autorisation de la compagnie. Pour la console elle-même, éteinte et rangée, la soute reste tolérée chez la plupart des transporteurs, mais rien n’empêche de la garder en cabine par sécurité, ne serait-ce que pour éviter un choc pendant la manutention des bagages. Le vrai piège, ce sont les accessoires qu’on oublie : la batterie externe glissée dans une pochette au fond du sac, ou les piles de rechange d’une manette tierce. C’est souvent ce détail-là, plus que la console elle-même, qui vaut à un voyageur le fameux rappel au comptoir.