Un vendeur qui vous montre le dos d’une boîte de jeu PS5 et vous dit « regarde bien, y’a pas grand-chose là-dedans », ça pique. Et pourtant c’est la vérité qui dérange tous les collectionneurs de galettes physiques : le disque que vous glissez dans votre console ne contient plus forcément le jeu complet, parfois même à peine une fraction de celui-ci. Le reste ? Il faut le télécharger, avec votre connexion internet et votre patience.
À retenir
- Les disques PS5 ne contiennent pas toujours le jeu complet, malgré leur capacité de 66 à 100 Go
- Certains disques ne servent que de ‘clé de licence’ avec moins d’1 Go de contenu réel
- Sony préfère fragmenter les jeux entre le disque et les téléchargements obligatoires pour plusieurs raisons stratégiques
La capacité du disque, un détail qui change tout
Techniquement, la PS5 a fait un vrai bond en avant côté stockage physique. La PS5 tout comme la Xbox Series X supporte des disques Blu-Ray 4K de 66 Go en simple couche et 100 Go en double couche, contre 25 Go en simple couche et 50 Go en double couche sur PS3/PS4/Xbox One. Deux fois plus de place, en théorie de quoi caser des jeux toujours plus lourds sans sacrifier de contenu.
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Le problème, c’est que cette capacité maximale n’est presque jamais utilisée à fond. Un exemple parlant : lors du lancement de 007 First Light, un utilisateur a révélé que sans la mise à jour, le jeu fait 45 Go et que seul le prologue et la première mission sont jouables. la galette dans la boîte ne débloque qu’une portion du jeu. Une fois la mission 1 terminée, un téléchargement obligatoire fait passer le jeu à la version 1.005 et à 51 Go, démontrant que le jeu complet aurait pu parfaitement tenir entièrement sur le Blu-ray. Le disque avait la place. Sony et l’éditeur ont quand même choisi de découper l’expérience en deux morceaux : ce qui est gravé, et ce qui doit passer par le réseau avant même de pouvoir continuer à jouer.
Les « key discs », le degré ultime de la supercherie
Il existe une catégorie encore plus radicale : les disques qui ne servent quasiment que de clé de licence. Le contenu réel gravé peut représenter moins d’un gigaoctet, le reste étant entièrement téléchargé après insertion. Ces jours-ci, un disque est essentiellement juste la licence que vous insérez dans la console, et pour certains, cette donnée représente moins d’un gigaoctet. C’est le même principe qu’une carte de jeu Switch qui ne fait que déclencher un téléchargement complet.
Sur PS5 heureusement, ce cas reste minoritaire. Sur toutes les sorties depuis 2020, on estime à environ 95% la part de vraies versions physiques contre 5% de key-discs, ce qui reste rare, alors que la tendance est inversée côté Nintendo Switch 2 où le format carte-clé domine largement le marché. Un vendeur un peu curieux qui compare les deux écosystèmes remarquera d’ailleurs une ironie amusante : certains jeux tiers sortent en version physique complète sur une console et en simple clé sur l’autre, sans logique évidente pour le joueur lambda.
Pourquoi Sony ne remplit pas systématiquement le disque
Plusieurs raisons expliquent ce choix, qui n’a rien d’un hasard. D’abord, le calendrier de production. Les disques doivent être pressés et distribués en amont, alors que le développement du jeu continue de son côté jusqu’aux derniers jours avant la sortie, voire après. Le day one patch permet de corriger des bugs, d’équilibrer le jeu ou d’ajouter du contenu qui n’était pas prêt au moment de la gravure.
Ensuite, il y a la question du stockage interne de la console elle-même, qui pousse les joueurs vers le tout-numérique. Bien que la PS5 dispose de 825 Go de stockage, seulement 669 Go sont utilisables après avoir pris en compte le système d’exploitation. Avec des jeux qui dépassent régulièrement les 100 Go une fois installés, l’espace fond vite, disque ou pas disque. D’ailleurs, la tendance matérielle de Sony va clairement dans le sens du dématérialisé : la PS5 Slim Digital Edition ne comprend pas de lecteur de disque, mais on peut acheter séparément un accessoire de lecteur Blu-ray Ultra HD amovible, tout comme la PS5 Pro qui est vendue par défaut en version uniquement numérique, nécessitant un lecteur de disque amovible acheté séparément pour la lecture des supports physiques.
Le lecteur de disque devient ainsi un accessoire optionnel plutôt qu’un composant central, ce qui en dit long sur la direction prise par l’industrie. Posséder une galette physique aujourd’hui sur PS5, c’est un peu comme posséder un boîtier DVD vide dont le film serait diffusé en streaming : ça rassure sur l’étagère, mais ça ne garantit plus grand-chose sur le contenu réel. Avant d’acheter en édition physique dans l’idée de « posséder » définitivement un jeu, mieux vaut vérifier sa taille d’installation minimale sur des sites spécialisés type PlayStation Game Size : c’est souvent la meilleure façon de savoir si le disque sert vraiment à quelque chose, ou juste de cale-porte numérique.
Sources : global.techradar.com | phonandroid.com