Rentrer du magasin avec sa Switch 2 flambant neuve, sortir l’ancienne carte microSD de sa Switch premier du nom, la glisser dans le nouveau slot, et… rien. Aucun jeu ne se lance, la bibliothèque numérique reste désespérément vide. Ce n’est pas un bug, c’est une décision assumée de Nintendo : la console Nintendo Switch 2 est uniquement compatible avec les cartes microSD Express, qui lisent et écrivent les données plus rapidement que les cartes microSD utilisées avec la console Nintendo Switch. ta vieille carte SanDisk de 128 Go qui tournait très bien depuis 2019 ne servira à rien pour jouer sur la nouvelle bécane.
Le plus frustrant dans cette histoire, c’est que rien ne prévient vraiment l’acheteur pressé. Le carton mentionne bien quelque chose, mais qui lit les mentions légales en arrachant le plastique de sa nouvelle console un vendredi soir ? Si vous insérez dans une console Nintendo Switch 2 une carte ayant préalablement été utilisée avec une console Nintendo Switch, cela ne vous permettra pas d’accéder à vos jeux en version numérique ou à vos données de sauvegarde. Résultat : t’as l’impression que ta console est cassée alors qu’elle fait exactement ce qu’elle est censée faire.
À retenir
- Votre ancienne microSD ne fonctionne pas du tout sur Switch 2, même si elle était parfaite sur la Switch 1
- Les raisons techniques : passage d’une interface à l’autre et débits dix fois plus rapides nécessaires
- Comment récupérer vos captures vidéo et progresser sans paniquer sur vos sauvegardes
Pourquoi la Switch 2 snobe les anciennes cartes
Ce n’est pas un caprice marketing pour te faire racheter un accessoire, même si l’effet secondaire arrange évidemment Nintendo et ses partenaires. La raison est purement technique. Les anciennes cartes microSD, même les plus rapides de la génération précédente, ne sont tout simplement pas compatibles, car la Switch 2 utilise une interface PCIe Gen 3×1, soit la même technologie que les SSD NVMe. On parle donc d’un bus totalement différent, pas juste d’une carte « plus rapide » au même format électrique.
Concrètement, les débits changent de dimension. L’Association SD a introduit la spécification microSD Express en 2019, et en utilisant des canaux PCIe, ces cartes atteignent des vitesses de transfert dépassant 800 Mo/s, ce qui est environ dix fois plus rapide que les cartes mémoire UHS-I traditionnelles. Sur le terrain, les fabricants annoncent des chiffres qui confirment ce bond : la Nintendo Switch 2 impose la nouvelle norme de cartes microSD Express, bien plus rapide (jusqu’à 890 Mo/s) que l’ancienne génération. Et cette vitesse n’est pas un gadget marketing : avec des jeux qui pèsent une tonne, le stockage doit suivre. Certains jeux dépassent déjà les 50 Go, comme Split Fiction (71 Go), Cyberpunk 2077 (57 Go) ou encore Yakuza Zero (53 Go), et même avec ses 256 Go, la mémoire interne de la Switch 2 peut vite se retrouver saturée. Sans extension rapide, les temps de chargement et l’installation deviendraient vite un calvaire.
Ce que ta vieille carte peut encore faire (et ce qu’elle ne fera jamais)
Bonne nouvelle quand même : ton ancienne microSD n’est pas totalement bonne pour la poubelle. Il est possible d’importer les captures d’écran et les vidéos Nintendo Switch enregistrées sur une carte microSD. Concrètement, tu insères la carte, tu vas chercher l’option d’import dans les paramètres, et tes souvenirs vidéo de tes meilleurs combos suivent le déménagement. En revanche, oublie l’idée de récupérer directement tes jeux ou tes sauvegardes via la carte : seules les cartes microSD Express peuvent être utilisées pour sauvegarder les données du jeu, les captures d’écran et les vidéos du jeu sur la Nintendo Switch 2.
Pas de panique côté progression de jeu cela dit. Les sauvegardes ne dépendent pas de la carte mémoire mais de ton compte Nintendo, transférées via les outils officiels de migration entre consoles. C’est d’ailleurs une bonne nouvelle cachée dans cette mésaventure : perdre sa carte microSD Express ne veut pas dire perdre sa partie de Tears of the Kingdom à 200 heures de jeu, tant que le compte est bien lié.
Bien choisir sa carte pour éviter la double déconvenue
Une fois qu’on a compris la leçon, encore faut-il ne pas se planter une deuxième fois en rachetant n’importe quoi. Le piège classique en rayon : confondre les gammes. Le logo EX ou directement microSD Express sur la carte ou l’emballage est le premier indicateur à repérer, attention à ne pas confondre avec le terme Extreme, qui n’a rien à voir. Une carte « Extreme Pro » ultra rapide en UHS-I reste malgré tout incompatible si elle n’affiche pas la mention Express.
Côté marques disponibles, le choix s’élargit petit à petit depuis le lancement de la console. Il vaut mieux privilégier des marques reconnues comme SanDisk, Samsung, Lexar ou PNY, et vérifier la présence du logo EX sur l’emballage. Niveau capacité, pas de mauvaise surprise à prévoir non plus : la capacité maximale prise en charge pour les cartes microSD Express est de 2 To. De quoi voir venir large si tu comptes stocker large partie de ta ludothèque en numérique.
Dernier détail qui a son importance le jour où tu insères ta toute première carte Express : ne t’attends pas à ce que ça fonctionne instantanément à la sortie du sachet. La première fois que vous utilisez une carte microSD Express, une mise à jour par Internet est nécessaire. Prévois donc une connexion Wi-Fi active avant de foncer tester ton nouveau jeu dans le jardin sans borne à proximité, sous peine de revivre exactement la même frustration que celle du jour où tu as sorti ta vieille carte du tiroir.
Sources : silicon-power.com | consollection.com