« Je pensais que ma console était éteinte » : pourquoi une PS5 en veille continue de tirer du courant bien après la dernière partie

À retenir
  • Une PS5 en veille consomme entre 0,38 W et 20 W selon les options activées, soit jusqu’à 38 euros annuels.
  • Les ports USB alimentés, la connexion internet permanente et le démarrage rapide maintiennent des circuits actifs en tâche de fond.
  • Désactiver ces options ramène la consommation annuelle à quelques centimes pour seulement quelques secondes de démarrage supplémentaires.

Une PS5 éteinte n’est presque jamais totalement éteinte. Tant que le câble reste branché à la prise, la console garde une activité électrique minimale, capable de grimper bien plus haut si certains réglages sont restés actifs. Le phénomène n’a rien d’un bug : c’est le fonctionnement normal du mode repos, pensé pour offrir un démarrage rapide et des mises à jour discrètes.

Sony a d’ailleurs publié ses propres chiffres de consommation par mode, accessibles sur la page dédiée à l’écoconception de ses consoles. Ces données servent de référence à la plupart des comparateurs énergétiques indépendants.

Le diable se cache dans les options cochées.

Sur une PS5 modèle CFI-1216A, les mesures relevées montrent des écarts nets selon la configuration retenue. La consommation de veille de la PS5 est de 0,38 W en mode veille par défaut avec l’option « Faible consommation d’énergie », 4 W avec l’option « Fournir l’alimentation aux ports USB », 1,2 W avec l’option « Rester connecté à Internet », et 4,2 W en cumulant ces deux dernières options. Pour donner un point de comparaison, la consommation de la PS5 durant une session de jeu est estimée à 209,8 W. Entre le repos minimal et le repos « confort », l’écart peut donc atteindre un facteur dix, sans que rien ne s’affiche à l’écran pour le signaler.

Micromania confirme cette fourchette large à sa manière. En mode veille, selon les réglages activés comme les ports USB ou les mises à jour, la consommation varie de 0,5 à 9 watts.

Ce grand écart s’explique par trois fonctions qui tournent en tâche de fond sans prévenir l’utilisateur. La recharge des manettes via USB maintient un circuit d’alimentation actif même quand personne ne joue. La connexion internet permanente, elle, sert à recevoir les notifications, les invitations d’amis et à préparer les mises à jour de jeux avant le prochain allumage.

Le mode « démarrage rapide » cumule les deux.

Selectra a chiffré l’impact réel de ces réglages sur une année complète de facture. La PS5 et la Xbox Series consomment environ 200 W en jeu, mais c’est la veille connectée, active en continu, qui pèse le plus sur la facture annuelle. Entre la manette qui charge, les mises à jour qui se téléchargent la nuit et la fameuse mise en route rapide, la PlayStation 5 et la Xbox Series tirent du courant en continu, souvent à l’insu de leur propriétaire. Un chiffre suffit à mesurer l’enjeu : sur la base d’une veille à 3,3 W maintenue en continu, le site Masculin.com calcule une consommation annuelle de 28,9 kWh, soit un coût total d’environ 5,03 € par an au tarif réglementé EDF de 2025. Ce n’est pas la ruine, mais ça reste de l’argent qui part pour rien pendant que la console dort dans le salon.

Le scénario s’aggrave vite avec une config mal maîtrisée. Un calcul mené par Mesure Facile illustre le pire des cas : une PS5 en veille à 20 W pendant 21 heures par jour coûte environ 38 euros par an, soit presque la moitié du coût d’une session de jeu quotidienne.

Vingt watts en veille, ça n’a rien d’un cas isolé sur une console mal réglée depuis l’achat.

Réduire la note ne demande ni sacrifice ni compétence technique particulière. La console conserve d’ailleurs des paramètres accessibles directement dans son menu principal, sous « Paramètres > Gestion de l’alimentation > Définir quand la PS5 doit passer en mode repos ». Quelques ajustements suffisent à faire basculer la facture annuelle du côté raisonnable :

  • Désactiver l’alimentation des ports USB en mode repos si la manette peut se recharger pendant une session de jeu
  • Couper la fonction « rester connecté à Internet » pour stopper les mises à jour et notifications en arrière-plan
  • Programmer une mise en veille automatique après un délai d’inactivité court, plutôt que de laisser tourner l’écran d’accueil
  • Privilégier une extinction complète le soir ou lors des longues absences, plutôt qu’un mode démarrage rapide permanent

Le site Studywatt confirme l’ordre de grandeur pour ce scénario « veille active » avec toutes les options cochées. Une veille active, avec le Wi-Fi, les ports USB alimentés et les téléchargements nocturnes autorisés, tourne autour de 4 à 4,5 W, ce qui peut représenter 30 à 40 kWh par an, soit quelques dizaines d’euros sur la facture. Basculer sur une veille minimale ramène cette dépense à quelques centimes annuels. La différence de confort, elle, se limite à quelques secondes de démarrage supplémentaires au prochain allumage.

La comparaison avec la concurrence apporte une nuance utile à ceux qui hésitent entre deux machines. Un mauvais réglage de veille peut ajouter une quinzaine d’euros par an à la facture d’une Xbox, et une console laissée en démarrage instantané peut même coûter, sur l’année, plus cher qu’une console concurrente pourtant plus gourmande manette en main. Le watt qui compte vraiment n’est donc pas toujours celui qu’on croit regarder en boutique.