« Dock payé 90 €, et un jeu qui saccade dès qu’il arrive sur le grand écran » : pourquoi tout se joue sur un chiffre que SteamOS ne change pas tout seul

Un Steam Deck qui tourne comme une horloge en mode portable et qui se met à ramer sitôt branché sur la télé : le scénario est classique, et il tient à un seul réglage. La station d’accueil officielle de Valve, la Steam Deck Docking Station, a été lancée à 89 dollars aux États-Unis, soit environ 99 euros en France selon les revendeurs de l’époque. Le hardware n’est pourtant presque jamais en cause. Le vrai coupable, c’est un chiffre que SteamOS ne recalcule pas seul dès que l’écran change : le taux de rafraîchissement.

À retenir
  • Le Steam Deck impose sa fréquence interne de 40Hz à l’écran externe, qui ne reconnaît que du 60Hz ou 120Hz, provoquant des saccades immédiates.
  • SteamOS ne recalcule pas automatiquement le taux de rafraîchissement lors du branchement sur un dock, contrairement aux promesses initiales de Valve.
  • Forcer manuellement le Hz sur la valeur native de l’écran résout le problème en dix secondes, mais doit être refait après chaque mise en veille.

Le chiffre qui fait tout basculer : le Hz, pas la résolution

La plupart des joueurs pointent du doigt la résolution quand l’image devient molle sur grand écran. C’est souvent une fausse piste. Le vrai problème se cache dans les Hertz. En mode portable, le Steam Deck tourne fréquemment à 40Hz pour économiser la batterie et fluidifier certains jeux gourmands.

Ce chiffre ne suit pas automatiquement l’écran externe. Un utilisateur du forum Steam décrit exactement ce mécanisme : « Almost all the games I play with the Deck, the screen refresh rate is set at 40hz. When connecting to an external display I have to manually change the screen refresh rate to 60hz. Otherwise, my monitor screen won’t work because there is no 40hz refresh rate mode. » tant que personne ne touche au réglage, l’appareil essaie d’imposer sa fréquence interne à un téléviseur qui, lui, ne connaît que le 60Hz, le 120Hz ou parfois du VRR.

Le symptôme est immédiat. Un jeu qui tournait parfaitement à la main devient saccadé, voire figé, dès qu’il rencontre le grand écran.

Pourquoi SteamOS ne corrige pas ça seul

Valve a longtemps promis un basculement automatique entre les deux fréquences selon que l’appareil est docké ou pas. Dans les faits, la fonction reste fragile, et plusieurs rapports de bugs sur le dépôt officiel de SteamOS le confirment. L’un d’eux décrit un cas précis : connecter un moniteur externe via la station d’accueil de Valve, régler le taux de rafraîchissement sur une valeur différente de 1920×1080@60, puis mettre le Deck en veille fait revenir automatiquement l’affichage à 60Hz au réveil. Le paramètre choisi par l’utilisateur ne survit donc pas à un simple cycle de mise en veille.

Ce bug touche spécifiquement le mode jeu, pas le bureau. Un autre témoignage le précise clairement : « It’s only happening in game mode. Putting the Deck to sleep and waking it in desktop mode retains my desired refresh rate. » Le limiteur de FPS, lui aussi, continue d’afficher l’ancienne valeur maximale au lieu de s’aligner sur la nouvelle fréquence, ce qui casse la synchronisation entre l’image et le rendu du jeu.

Il existe même un cas plus tordu encore. Sur certains téléviseurs 4K, le Deck impose de force une fréquence de résolution native uniquement et un rafraîchissement de 30Hz en mode jeu, même une fois le jeu lancé en résolution réduite. Le mismatch entre ce que demande l’écran et ce que propose l’appareil ne se résout jamais tout seul, il faut aller le débloquer à la main.

Valve a tenté d’apporter des correctifs. La mise à jour SteamOS 3.6 a par exemple inclus une mise à jour du firmware du dock avec des correctifs de compatibilité pour les écrans VRR à haute fréquence de rafraîchissement. Mais des rapports de bugs continuent d’apparaître bien après cette mise à jour, notamment sur des accessoires comme les lunettes Xreal Air, où le curseur de contrôle du taux de rafraîchissement pour écrans externes reste bloqué à 60Hz quoi qu’on fasse.

Le réflexe qui règle 90 % des cas

Avant d’accuser le dock, un seul geste suffit généralement. Il faut ouvrir le menu Affichage depuis le bouton Steam, repérer le curseur de taux de rafraîchissement, puis le forcer manuellement sur la valeur native de l’écran externe, le plus souvent 60Hz pour une TV standard.

Ce réglage doit être refait après chaque mise en veille tant que le bug de reset n’est pas définitivement corrigé sur la version installée. C’est fastidieux, mais ça prend dix secondes une fois qu’on sait où chercher.

La résolution mérite aussi un ajustement séparé. Un contributeur du forum communautaire rappelle que choisir le réglage « native » force le jeu à tenter de rendre directement à la résolution 4K de l’écran externe, avec de très mauvaises performances, alors que le réglage « Default » fait tourner le jeu en 720p ou 800p en interne avant de l’agrandir virtuellement vers la résolution native de l’écran. Le Deck envoie donc bien un signal 4K à la télé, mais calcule l’image en interne à une résolution largement inférieure, ce qui préserve le framerate.

Le combo gagnant tient en trois étapes : désactiver le rendu natif dans les propriétés du jeu, fixer manuellement le Hz sur celui de l’écran externe, et vérifier après chaque veille que ce réglage n’a pas été réinitialisé. Un dernier détail à ne pas négliger, le firmware du dock lui-même se met à jour séparément dans les paramètres système, et une version obsolète peut à elle seule provoquer des écrans noirs ou des flashs à la connexion, comme le signalent plusieurs utilisateurs touchés par cette instabilité sur le dock officiel.