Un câble Ethernet peut transformer une simple mise en veille de console en facture de plusieurs centaines d’euros. Le coupable n’est pas forcément un impact direct sur la maison : la foudre peut tomber à des kilomètres, remonter par le réseau électrique ou par la ligne internet, et venir cramer silencieusement la carte réseau d’une PS5 ou d’une Xbox restée branchée en veille pendant l’orage.
À retenir
- Votre câble Ethernet agit comme une antenne capable de capter et transmettre les surtensions de foudre directement à votre console
- La France enregistre 100 000 éclairs en juillet seul, et les dégâts indirects via le réseau sont impossibles à recenser
- Un parafoudre dédié sur la ligne RJ45 coûte moins cher que de remplacer une carte mère de PS5
Le câble Ethernet, cette antenne qu’on ne soupçonne jamais
Personne ne pense au câble RJ45 qui traverse le salon quand l’orage gronde. Pourtant les câbles Ethernet, qui parcourent parfois de longues distances dans une maison, agissent comme de véritables antennes capables de capter les surtensions induites par la foudre et de les transmettre directement aux ports RJ45 des appareils les plus sensibles. Box internet, ordinateur fixe, et bien sûr les consoles de jeux font partie de la liste des victimes potentielles.
Le mécanisme est presque plus vicieux qu’un impact direct. Un éclair qui frappe une ligne électrique peut provoquer une surtension brutale sur tout le réseau, qui se propage alors jusque dans la maison en atteignant les équipements via les prises électriques, les antennes TV ou les câbles téléphoniques. Le câble Ethernet suit la même logique : il devient un conducteur malgré lui. Et le risque grimpe encore d’un cran selon la configuration du logement, puisque si le câble Ethernet mesure plus de 10 mètres, notamment entre deux bâtiments ou entre l’intérieur et l’extérieur, le risque d’induction augmente considérablement.
Ce qui rend la panne si difficile à identifier sur le coup, c’est sa discrétion. Ce pic de tension, même s’il ne dure que quelques millisecondes, suffit à détruire des composants électroniques fragiles comme les cartes mères, les alimentations ou les circuits imprimés. Aucune fumée, aucun bruit, juste un écran noir le lendemain matin. Et le pire, c’est que les appareils qui restent branchés en permanence, justement ceux qu’on laisse en veille pour ne pas perdre les mises à jour ou le mode repos, sont les plus exposés puisque les appareils qui restent branchés en permanence, comme les box, les NAS ou les frigos connectés, sont particulièrement exposés.
Les orages d’été, un phénomène loin d’être anecdotique
On a tendance à croire que la foudre, c’est rare. Les chiffres racontent une autre histoire. Sur la période 2000-2024, soit 25 ans de mesures, 459 000 impacts de foudre au sol et 260 jours d’orage par an ont été détectés en moyenne en France métropolitaine par Météorage. Et l’été concentre l’essentiel de cette activité : l’activité électrique a atteint son maximum en été, avec un pic en juillet, où la barre des 100 000 éclairs nuage-sol CG a été franchie rien que pour l’année 2024.
Les dégâts matériels qui en résultent ne sont pas anecdotiques non plus. En France, sur une année récente, près de 100 habitations individuelles ont été directement impactées par la foudre, et 10 clochers d’église ont été détruits. Ce chiffre ne compte même pas les dégâts indirects, ceux qui passent par le réseau électrique ou par une ligne Ethernet mal protégée, largement plus nombreux mais impossibles à recenser précisément.
2025 n’a pas fait exception côté intensité : selon l’observatoire Keraunos, la plus forte chute de foudre de l’année s’est abattue sur la commune de Monbalen, dans le Lot-et-Garonne, le 13 juin, avec une intensité estimée à 538 kA, un niveau qui classe l’éclair parmi les rares « superbolts » recensés sur le territoire.
Débrancher ou parafoudre : ce qui protège vraiment le matos
La méthode la plus radicale reste aussi la plus efficace, et elle ne coûte rien. En cas d’orage, il est recommandé de débrancher tous les câbles connectés à la TV et à la maison, câble d’alimentation, câble d’antenne et éventuellement câble Ethernet, car c’est la solution la plus radicale et la plus sûre contre les coups de foudre. Ça veut dire, oui, sortir la fiche secteur de la console et pas juste appuyer sur le bouton de veille. Une console en veille reste alimentée et reste connectée au réseau, donc reste vulnérable.
Pour ceux qui ne veulent (ou ne peuvent) pas débrancher systématiquement, notamment quand on part en vacances plusieurs semaines l’été, la parade technique existe : le parafoudre. La première ligne de défense se trouve au niveau du tableau électrique, là où l’on peut intercepter les surtensions avant qu’elles n’atteignent les circuits domestiques, et le composant le plus efficace pour ça est le parafoudre. Concrètement, le parafoudre de type 2 est le plus couramment utilisé dans une habitation classique et s’installe directement sur le tableau de répartition, après le disjoncteur général. Dans certaines zones à risque, ce n’est même plus une option : si vous vivez dans une zone fréquemment soumise aux orages ou si vous êtes alimenté par une ligne aérienne, il est même parfois obligatoire selon la norme NF C 15-100.
Mais un parafoudre sur le tableau électrique ne protège que la partie 230V. Pour la partie réseau, celle qui a grillé la console via le câble Ethernet, il faut un dispositif dédié posé directement sur la ligne RJ45, entre la box et le mur ou entre la box et l’appareil. Un composant peu coûteux comparé au prix d’une carte mère de console à remplacer, et qui reste la seule vraie parade contre une surtension qui voyage par les données plutôt que par l’alimentation.
Et côté assurance, on est couvert ou pas ?
Bonne nouvelle pour ceux qui ont zappé le parafoudre : la garantie tient quand même, à condition de bien déclarer le sinistre. Dans la plupart des cas, la foudre fait partie des garanties de l’assurance habitation et les préjudices subis sont remboursés, d’autant qu’il est facile de prouver que le dommage a la foudre pour origine directe. Le bulletin météo du jour et le relevé Météorage de la commune suffisent souvent à appuyer le dossier. En revanche, gardez la facture d’achat de la console ou de la box : sans preuve d’achat, l’assureur indemnise rarement à la valeur de remplacement à neuf.
Sources : tameteo.com | elecineris.fr