J’ai désinstallé Valorant après trois parties juste pour libérer de la place : deux semaines plus tard, j’ai compris ce qui tournait encore à chaque allumage

Après trois parties de Valorant qui n’ont pas convaincu, la case désinstallation s’impose pour récupérer quelques gigas. Mais deux semaines plus tard, un processus continue de charger à chaque démarrage de Windows : le coupable s’appelle Riot Vanguard, et ce n’est pas un bug, c’est une fonctionnalité assumée par Riot Games depuis des années.

À retenir

  • Un anti-cheat « fantôme » qui persiste longtemps après la désinstallation du jeu
  • Les vraies raisons techniques pour lesquelles Riot refusait de laisser Vanguard dormir
  • Un changement radical annoncé en 2026, mais avec des conditions strictes d’accès

Le vrai coupable : Vanguard, l’anti-triche qui ne prend jamais de pause

Désinstaller Valorant depuis les paramètres Windows ne supprime que le jeu lui-même. L’anti-cheat qui l’accompagne, lui, reste bien accroché au système. Riot Vanguard est un anti-cheat au niveau du noyau développé par Riot Games, initialement sorti comme l’anti-triche utilisé pour Valorant le 7 avril 2020. Concrètement, il s’installe sous forme de pilote système (vgk.sys) accompagné d’un service qui tourne en tâche de fond (vgc), exactement comme un antivirus qui s’octroie un accès profond à la machine.

Le problème, c’est que contrairement à la plupart des anti-triches, son pilote se lançait automatiquement au démarrage de Windows et restait actif, même lorsque Valorant n’était pas ouvert. Même sans lancer le jeu, même après avoir viré l’icône du bureau, ce petit programme continuait de surveiller la machine à chaque boot. Et la désinstallation du jeu ne réglait rien à l’affaire, puisque désinstaller League of Legends ne désinstalle Riot Vanguard que si aucun autre programme installé n’en a besoin, comme Valorant. Le système est pensé pour rester en place tant qu’un titre Riot est susceptible d’en avoir besoin, ce qui explique pourquoi tant de joueurs ont eu la mauvaise surprise de retrouver Vanguard bien vivant des semaines après avoir supprimé le jeu qui l’avait installé.

Pourquoi Riot a fait ce choix qui agace tout le monde

Ce fonctionnement n’a rien d’un oubli de développeur. Ce fonctionnement était régulièrement critiqué par une partie des joueurs, qui jugeaient cette présence permanente trop intrusive, mais Riot défendait pourtant ce choix, estimant qu’il était indispensable pour empêcher les tricheurs de contourner ses protections. La logique de Riot est simple sur le papier : un anti-cheat qui ne surveille le système qu’au lancement du jeu laisse une fenêtre aux logiciels de triche, notamment ceux qui manipulent la mémoire à un niveau matériel (les fameuses cartes DMA). En gardant Vanguard actif en permanence, l’idée était de couper court à toute tentative de préparer un contournement avant même d’ouvrir Valorant.

Le hic, c’est que cette approche transforme un simple jeu compétitif en gardien permanent du noyau Windows, avec tout ce que ça implique en termes de confidentialité et de charge système au démarrage. Vanguard installait un pilote kernel susceptible de se lancer dès le boot Windows, même si aucun jeu Riot n’était ouvert, et un service en tâche de fond veillait en permanence sur l’intégrité du système, une omniprésence qui alourdissait le démarrage du PC et posait des questions de confidentialité liées à la surveillance permanente au niveau du noyau. Pour un joueur occasionnel qui teste Valorant trois parties avant de passer à autre chose, se retrouver avec un pilote noyau qui tourne toute l’année pour un jeu qu’il ne relancera jamais, c’est franchement disproportionné.

Riot a enfin changé de stratégie en 2026

La bonne nouvelle, c’est que Riot a fini par entendre la grogne. Six ans après le lancement de Valorant, le studio a annoncé fin juin 2026 l’arrivée d’un mode « à la demande » pour Vanguard : le pilote de l’anti-triche reste désormais inactif tant qu’aucun jeu Riot n’est lancé, et ne s’active qu’au moment d’ouvrir Valorant ou un autre titre compatible. Le principe est le même que pour n’importe quel logiciel normal : le pilote se charge à l’ouverture, tourne pendant la session, puis se coupe à la fermeture.

Ce basculement s’appuie sur un mécanisme baptisé Runtime Driver Attestation. Une fois les prérequis matériels et logiciels remplis, ce mécanisme entre en jeu : lorsque le joueur clique sur Valorant, le client Riot demande à Windows une preuve d’intégrité, et le système inspecte la liste des pilotes chargés, vérifie l’état de Secure Boot, du TPM et de l’isolation du noyau. En clair, Riot déplace la sécurité du temps (une surveillance permanente) vers l’espace (un contrôle strict uniquement à l’ouverture du jeu). Séduisant sur le papier, mais ce nouveau mode reste conditionné à une configuration précise : parmi les prérequis figurent notamment Windows 11 25H2, le Secure Boot, le TPM 2.0, l’IOMMU et le Virtualization-Based Security. Autant dire que tous les joueurs ne pourront pas en profiter immédiatement, surtout ceux qui tournent encore sur des configs plus anciennes ou sur Windows 10.

Comment se débarrasser vraiment de Vanguard

Pour qui veut couper définitivement les ponts sans attendre une hypothétique mise à jour, la marche à suivre reste manuelle mais accessible. Il faut d’abord quitter Vanguard via son icône dans la barre des tâches, puis se rendre dans les paramètres Windows pour le désinstaller explicitement, car le système anti-triche ne se désinstalle pas automatiquement avec le jeu, il faut se rendre dans Panneau de configuration puis Programmes et fonctionnalités pour trouver Riot Vanguard et cliquer sur Désinstaller. Si le service refuse de partir, direction l’invite de commande en administrateur pour forcer les choses en supprimant directement les services vgc et vgk, avant un redémarrage complet de la machine.

Un détail à retenir avant de se lancer dans le grand nettoyage : si League of Legends ou un autre jeu Riot compatible traîne encore sur le disque, Vanguard restera nécessaire et sa suppression risque de casser le lancement de ces titres. Vérifier qu’aucun autre jeu Riot n’a besoin de l’anti-cheat avant de le virer évite pas mal de mauvaises surprises au prochain démarrage.