Le Joy-Con qui fait courir Mario tout seul vers un ravin, ce n’est pas une nouvelle fonctionnalité cachée. C’est le fameux « stick drift », et la bonne nouvelle tombe enfin pour de bon en Europe : Nintendo répare gratuitement le problème, même hors garantie, et sans exiger le moindre ticket de caisse.
Le principe est simple et il est désormais gravé noir sur blanc sur la page d’assistance officielle de Nintendo. Dans l’Espace économique européen, le Royaume-Uni et la Suisse, Nintendo ne facture pas de frais de réparation en cas de bug de réactivité du stick qui résulterait d’un défaut de fabrication ou d’une usure normale. Concrètement, si votre personnage part en vadrouille tout seul pendant que vous lâchez la manette pour aller chercher une bière, vous n’avez plus besoin de retrouver la facture planquée depuis trois ans dans un tiroir. La marque avait d’ailleurs officialisé le changement dès 2023 sur son support en ligne au Royaume-Uni, permettant aux joueurs résidant au Royaume-Uni, en Suisse et dans l’espace économique européen de profiter d’une réparation gratuite de leurs Joy-Con, même hors garantie.
À retenir
- Nintendo répare gratuitement le drift des Joy-Con en Europe, sans justificatif d’achat
- La garantie s’applique même aux manettes achetées d’occasion ou reçues en cadeau
- Ce changement radical résulte d’une pression massive des associations de consommateurs européennes
Un symptôme facile à repérer, un défaut vieux comme la Switch
Le drift, c’est ce moment où le joystick agit comme s’il était actionné par le joueur alors qu’il n’en est rien, et le personnage ou la caméra se déplacent à l’écran ce qui dégrade fortement l’expérience de jeu. Un défaut qui traîne depuis le lancement de la console. Selon un ex-superviseur d’un centre de réparation agréé aux États-Unis interrogé par Kotaku, la marque recevait « des milliers » d’unités défectueuses chaque semaine au plus fort de la crise, un volume qui a rendu le quotidien de ces centres de réparation « extrêmement stressant » et généré son lot d’erreurs de manipulation.
Nintendo n’a pas toujours été aussi coopératif. Pendant des années, l’entreprise a d’abord minimisé le phénomène. L’entreprise a d’abord nié le problème, en l’apparentant à quelques cas isolés, avant de revoir sa position sous la pression du nombre grandissant de plaintes. Il a fallu attendre plusieurs recours collectifs aux États-Unis et une intervention des autorités européennes pour que la politique change réellement du côté du Vieux Continent. Nintendo of America avait dégainé sa politique sans preuve d’achat bien avant l’Europe : dès 2019, un mémo interne obtenu par Vice révélait que « Customers will no longer be requested to provide proof of purchase for Joy-Con repairs », et que les clients ayant déjà payé une réparation pouvaient même se faire rembourser. Pendant ce temps, les joueurs européens continuaient de mettre la main au portefeuille, ce qui avait fini par agacer sérieusement la communauté sur les forums spécialisés.
La garantie à vie arrachée par les associations de consommateurs
Le déblocage européen doit beaucoup à un bras de fer mené par les associations de consommateurs. Selon Euroconsumers, qui a participé aux négociations coordonnées par le BEUC avec la Commission européenne, Nintendo a fini par accepter de fournir une solution à long terme au problème des manettes « drifting » en proposant une garantie à vie avec réparation gratuite. Le point le plus intéressant pour les joueurs occasionnels ou ceux qui achètent d’occasion, c’est l’abandon de la condition liée au premier propriétaire. Nintendo a accepté de retirer la condition selon laquelle la garantie proposée s’applique uniquement aux acheteurs originaux du produit, si bien qu’en pratique, les propriétaires n’ont pas besoin de preuve d’achat pour faire réparer leur appareil, et les appareils achetés d’occasion ou reçus en cadeau sont également éligibles à la réparation.
Ça change tout pour quelqu’un qui récupère une paire de Joy-Con de seconde main sur Vinted ou qui hérite de la Switch d’un cousin. Pas de trace d’achat, pas de nom sur la facture, aucun souci : le défaut est rattaché à la manette elle-même, pas à son propriétaire d’origine. Une clause qui tranche complètement avec les conditions de garantie classiques, où l’absence de justificatif est généralement synonyme de refus immédiat.
Comment lancer la demande, et ce qui reste exclu
La procédure passe uniquement par le site d’assistance officiel. Il faut se rendre sur la page dédiée aux Joy-Con, sélectionner le problème de réactivité du stick, tenter les manipulations de dépannage proposées, puis, si rien n’y fait, lancer une demande de réparation en choisissant l’option qui permet d’envoyer uniquement les accessoires, sans la console. Nintendo fournit ensuite une étiquette de retour prépayée, à coller sur un colis correctement protégé avant expédition. D’après plusieurs retours d’utilisateurs, Nintendo tient informé par e-mail tout au long du processus, et la réparation prend généralement 10 à 15 jours avant que les manettes reviennent réparées gratuitement.
Attention toutefois, la gratuité n’est pas un blanc-seing total. Nintendo garde une marge d’appréciation et peut refuser la prise en charge dans des cas précis. Nintendo se réserve le droit de refuser la réparation gratuite d’un Joy-Con présentant un bug de réactivité si le bug a été causé par un accessoire non produit par ou pour Nintendo, si la manette a été proposée à la location ou utilisée à des fins commerciales, si le bug résulte de dommages accidentels, d’une négligence, d’une utilisation anormale ou d’une modification, ou si la manette a été ouverte ou réparée par une entreprise autre que Nintendo ou ses partenaires agréés. si vous avez tenté le bricolage maison avec un tournevis de bijoutier trouvé sur une boutique en ligne obscure avant d’envoyer la manette, il y a de fortes chances que le refus tombe.
Un détail que peu de joueurs connaissent : cette politique n’a pas de date d’expiration officielle. Nintendo la maintient jusqu’à nouvel ordre, ce qui signifie qu’elle pourrait théoriquement s’arrêter du jour au lendemain si l’entreprise décidait de changer de cap. Pour l’instant, rien n’indique un tel virage, mais autant en profiter tant que la fenêtre reste ouverte : si vos Joy-Con dorment au fond d’un tiroir depuis que le personnage a décidé de faire cavalier seul, direction la page d’assistance Nintendo avant que la règle ne change.
Sources : tomsguide.fr | nintendo.com