Tu réinstalles Valorant pour la troisième fois ce mois-ci, tu vides le cache, tu redémarres ton PC en mode prière. Et pourtant l’erreur revient, toujours la même. La vérité, c’est que ton jeu n’a jamais été cassé : ce sont deux options du BIOS, jamais activées, qui bloquent tout depuis le début.
Quand Valorant refuse de se lancer avec un code du genre VAN9001 ou VAN9003, le coupable n’est ni Riot Games ni ta carte graphique. Le système anti-triche de Riot, Vanguard, a détecté que le PC ne respecte pas certaines exigences de sécurité essentielles et exige que Secure Boot et TPM 2.0 soient activés dans le BIOS/UEFI de la machine avant de pouvoir démarrer. Deux réglages, planqués dans les entrailles du firmware, que 90% des joueurs n’ont jamais ouverts de leur vie.
À retenir
- Pourquoi Vanguard refuse catégoriquement de démarrer sans deux réglages spécifiques du BIOS
- Le piège invisible qui désactive mystérieusement ces paramètres après chaque mise à jour Windows
- La subtilité AMD fTPM qui fait perdre des heures à des joueurs persuadés d’avoir tout activé
Pourquoi Vanguard s’obstine sur ces deux trucs précis
Vanguard n’est pas un anti-triche comme les autres. Il s’exécute à un niveau très bas dans le système d’exploitation, littéralement avant même que Windows ait fini de se réveiller. Cette position stratégique lui permet de repérer les triches les plus vicieuses, celles qui se planquent dans des drivers modifiés ou des outils chargés avant le système lui-même. Le problème, c’est que cette technique de triche ultra-sophistiquée existe bel et bien, et Riot le sait.
Riot Vanguard opère à un niveau très profond du système d’exploitation pour détecter la triche, mais des cheats sophistiqués peuvent aussi exploiter des failles de bas niveau, comme des drivers malveillants ou modifiés, pour se charger avant même que Vanguard démarre. D’où l’exigence des deux réglages : Secure Boot, qui vérifie que le système n’a pas été compromis ou modifié avant que Windows ne démarre, et TPM 2.0, une puce cryptographique qui garantit l’intégrité générale de la machine. Ensemble, ils forment une sorte de sas de sécurité que Vanguard vérifie à chaque lancement.
Le hic, c’est que ces deux fonctions ne sont pas toujours activées par défaut, même sur des PC récents. Cette exigence concerne principalement les utilisateurs de Windows 11, mais certains constructeurs livrent encore des machines avec Secure Boot désactivé en sortie d’usine, notamment sur les configs assemblées soi-même ou les vieux PC upgradés vers Windows 11 sans jamais toucher au firmware.
Le piège invisible : ces réglages qui se désactivent tout seuls
Voilà le twist que personne ne voit venir. Tu peux très bien avoir activé Secure Boot il y a six mois, et le retrouver mystérieusement coupé sans avoir touché à quoi que ce soit. Cela peut arriver si une mise à jour modifie les paramètres du BIOS et désactive l’option Secure Boot, si bien que les utilisateurs peuvent penser qu’ils ont Secure Boot activé alors qu’en réalité, une mise à jour Windows l’a désactivé en arrière-plan. Une certaine mise à jour Windows portant la référence KB5006050 a notamment été pointée du doigt pour ce genre de comportement fantôme.
Sur les configs AMD, le piège prend une autre forme. Le module TPM ne se présente pas toujours sous ce nom dans le BIOS. Sur certaines configurations, le TPM se présente sous le nom AMD fTPM, intégré au processeur, plutôt qu’un module physique discret, et si l’erreur VAN9090 apparaît, il faut vérifier dans le BIOS que la ligne AMD fTPM Switch est bien réglée sur AMD CPU fTPM et non sur Discrete TPM ou Disabled. Une nuance qui fait perdre des heures à des joueurs persuadés d’avoir tout bon parce qu’ils ont vu une case cochée quelque part, sans se douter que ce n’était pas la bonne.
Comment débloquer la situation en cinq minutes chrono
Bonne nouvelle : une fois qu’on sait où chercher, la manip prend moins de temps qu’une partie de placement. Il faut redémarrer le PC et rentrer dans le BIOS en martelant la touche d’accès dès l’allumage. Pendant que le PC démarre, il faut appuyer à plusieurs reprises sur la touche BIOS du PC, qui peut être F2, F10, Del ou F12 selon le modèle.
Une fois dans les menus, deux chasses au trésor t’attendent. Pour le Secure Boot, il faut chercher l’option Secure Boot, qui peut se trouver dans la catégorie Configuration du démarrage ou Sécurité, et l’activer. Pour le TPM, direction une autre section : dans les paramètres BIOS, il faut trouver une section appelée Advanced, Security ou Trusted Computing, chercher un paramètre nommé TPM, Intel PTT pour Intel, ou AMD fTPM pour AMD, et changer la valeur en Enabled.
Sur les cartes mères récentes, la manip suit souvent le même schéma. À titre d’exemple concret sur une carte GIGABYTE, il faut activer deux réglages distincts : le sélecteur Trusted Platform Module qu’on passe sur Auto, puis dans l’onglet Trusted Computing juste en dessous, activer Security Device Support, avant de sauvegarder avec F10. Un détail à ne pas zapper : Secure Boot exige un disque formaté en GPT et un démarrage en mode UEFI, pas en Legacy. Pour activer Secure Boot, il faut avoir l’UEFI. Si ton disque tourne encore en MBR avec un boot Legacy hérité d’une installation Windows 7 convertie à l’arrache, l’option restera grisée quoi que tu fasses.
Une fois les deux réglages activés et le BIOS sauvegardé, Vanguard dispose de ce dont il a besoin pour fonctionner correctement et Valorant se relance sans broncher. Reste un dernier point à surveiller : après une grosse mise à jour Windows, un coup d’œil rapide dans msinfo32 (tape simplement cette commande dans la barre de recherche Windows) permet de vérifier en dix secondes que Secure Boot est toujours marqué « Activé » et que le TPM répond bien en version 2.0, histoire d’éviter de refaire tout ce cinéma dans six mois.
Sources : moyens.net | fr.techtribune.net