Trois mois de vacances scolaires. La PS5 vissée dans le meuble TV, le câble HDMI toujours branché, le mode veille allumé « au cas où ». Résultat : la console tourne en fond pendant des semaines sans que personne n’y touche. C’est précisément ce scénario qui, une fois chiffré, donne envie de revoir ses habitudes gaming.
À retenir
- La veille silencieuse de votre console vous coûte plus que vous ne l’imaginez
- Une différence de consommation radicale existe entre les générations de hardware
- Des gestes simples peuvent vous faire économiser des dizaines d’euros par an
Ce que la veille vous coûte vraiment
La PS5 consomme entre 200 et 211 watts lors d’une session de jeu, selon les données PlayStation. Jusque-là, rien de surprenant pour une machine de cette génération. Le problème, c’est ce qui se passe quand vous ne jouez pas. La PS5 en mode veille avec l’option « Fournir l’alimentation aux ports USB » consomme 4 watts, et grimpe à 4,2 watts si la connexion Internet est également maintenue. Ces chiffres peuvent sembler dérisoires, mais ramenés à trois mois d’été branchés 24h/24, la note commence à peser.
Une PS5 en veille pendant 21 heures par jour coûte environ 38 euros par an, soit presque la moitié du coût lié aux sessions de jeu. : la console vous facture même pendant que vous êtes à la plage. En mode veille avec téléchargements en arrière-plan actifs, la PS5 peut consommer jusqu’à 44,3 watts, ce qui représente un gouffre énergétique silencieux. La Xbox Series X ne fait pas beaucoup mieux : en mode veille « démarrage instantané », elle affiche 7,4 watts de consommation continue.
Sur l’ensemble d’une année, une PS5 utilisée 3 heures par jour coûte environ 55 euros en mode jeu auxquels s’ajoutent 38 euros de veille, soit près de 90 euros au total. Et tout ça avec un kWh facturé à 0,1940 € au tarif réglementé EDF en juillet 2026, tarif dont bénéficient plus de 20 millions de foyers français.
Switch 2 : la sobriété comme argument gaming
C’est là que la comparaison devient franchement intéressante. La Nintendo Switch première génération affiche environ 10 à 18 watts en pleine session de jeu, et la Switch 2, avec ses nouveaux composants NVIDIA, monte à environ 23-25 watts en moyenne. Même dopée au ray tracing et à l’affichage 4K, elle reste sur une autre planète que la PS5 côté watts. Des tests sur la version devkit ont montré des pointes à 30 watts en mode dock, option ray tracing activée. Trente watts. Contre 200 à 230 pour une PS5 en pleine charge.
La Switch 2 propose plusieurs options de gestion de la consommation d’énergie, dont un mode veille à faible consommation et une fonction veille auto qui réduit le temps de fonctionnement à pleine capacité. En pratique, la Switch 2 en mode veille avec connexion réseau consomme au maximum 2 watts, et descend à 0,5 watt dans les autres conditions de veille. Comparez avec les 4 à 44 watts de la PS5 en veille active, et la différence saute aux yeux.
Avec une consommation annuelle estimée entre 6 et 21 kWh, une Nintendo Switch coûte environ 1,5 à 5 euros par an en électricité, selon la fréquence de jeu. La Switch 2 consomme seulement 25 à 30 % d’électricité de plus que la Switch classique, pour un gap technologique bien plus marqué. C’est un peu l’équivalent d’une voiture hybride qui mange presque autant d’essence qu’une thermique alors qu’elle offre deux fois plus de performances.
L’addition concrète sur trois mois d’été
Prenons un cas réel. Console fixe laissée branchée en mode veille standard avec ports USB alimentés pendant tout l’été, soit approximativement 90 jours. Avec une PS5 qui consomme environ 4 watts en veille : 4 W × 24 h × 90 jours = 8,64 kWh, soit environ 1,67 euro juste pour la veille estivale. Ce montant paraît faible, mais activez les téléchargements automatiques et la connexion internet maintenue, et la veille de la PS5 grimpe à 44,3 watts, soit 95,8 kWh sur trois mois, presque 18 euros rien que pour la période estivale. La Switch 2 dans le même scénario ? Moins de 0,50 euro.
Passer de la veille à l’extinction complète peut économiser 25 à 40 euros par an sur une console fixe. Et activer le mode économie d’énergie sur Xbox permet d’économiser environ 17 euros par an. Ces écarts ne se voient pas sur une seule facture mensuelle, mais ils s’accumulent saison après saison. En ajoutant la TV et la box internet, une session PS5 de 3 heures mobilise environ 292 watts au total, soit environ 80 euros par an pour une utilisation quotidienne.
Les bons réflexes, sans sacrifier l’expérience
La question n’est pas de choisir entre une console puissante et une console sobre, mais de comprendre ce qu’on paie réellement. L’ADEME préconise de ne pas laisser la PS5 en veille et de sauvegarder la partie puis d’éteindre complètement la console. Ça prend dix secondes. Pour ceux qui tiennent au démarrage rapide, le mode économie d’énergie éteint complètement la console, ramenant la consommation de la Xbox Series X à 0,5 watt, soit 0,76 euro par an.
La Switch 2, de par sa conception portable, force naturellement ces bonnes habitudes. Sa fonction veille auto se déclenche après une durée d’inactivité prédéfinie, réduisant automatiquement le temps de fonctionnement à pleine capacité. Pas besoin d’y penser : la machine gère. Sur une PS5 ou une Xbox, c’est un paramètre à activer manuellement dans les réglages, et la majorité des joueurs ne s’en préoccupent jamais. Près des deux tiers des possesseurs de Xbox Series X auraient conservé le mode instantané par défaut, gaspillant des milliards de kilowattheures sans le savoir.
La vraie leçon de ce comparatif n’est pas que les consoles fixes sont à bannir. C’est que leurs modes veille, pensés pour le confort de démarrage rapide, sont aussi les plus invisibles sur la facture. Une veille active avec Wi-Fi, ports USB alimentés et téléchargements nocturnes autorisés peut représenter 30 à 40 kWh par an, soit quelques dizaines d’euros. Des euros que vous payez sans jouer une seule seconde.
Source : masculin.com