Tout le monde l’avait enterré il y a deux ans : ce jeu que personne n’attendait vient de pulvériser toutes les sorties de l’été 2026 sans faire de bruit

Une petite souris gothique qui s’inspire du Game Boy Color vient de terrasser tous les blockbusters de l’été 2026. Mina the Hollower, le nouveau jeu de Yacht Club Games, est sorti le 29 mai dernier avec le score Metacritic le plus élevé de l’année, et les créateurs eux-mêmes n’y croyaient pas.

À retenir

  • Un petit studio indie misait tout sur ce jeu pour ne pas fermer ses portes
  • Les critiques et le public ont livré un verdict quasi-unanime : c’est un chef-d’œuvre
  • 500 000 copies vendues en quelques semaines malgré une concurrence AAA écrasante

Le retour du studio que tout le monde croyait fini

Souvenez-vous de 2022. Le Kickstarter de Mina the Hollower avait suscité une certaine controverse après le succès massif de Shovel Knight. La question qui revenait partout : pourquoi le studio refait-il appel au crowdfunding ? Certains y voyaient un signal inquiétant. La hype retombée, les années passant sans nouvelle du jeu, beaucoup avaient décidé que Yacht Club Games n’était plus qu’un one-hit wonder condamné à vivre dans l’ombre de son chevalier à la pelle.

Le projet avait pourtant des origines particulièrement humbles : il avait commencé comme un side project du développeur Alec Faulkner pour perfectionner son code et ses capacités artistiques, sans avoir été initialement prévu pour une sortie commerciale. C’est lorsque la direction de Yacht Club l’avait découvert qu’ils l’avaient perçu comme un partenaire idéal à leur franchise phare Shovel Knight. le jeu le mieux noté de 2026 n’était pas censé exister.

En février 2022, le Kickstarter avait récolté 1 239 584 dollars de la part de 21 439 backers. En incluant les autres sources de financement participatif, le jeu avait levé plus de 1 400 000 dollars pour le studio. Un démarrage solide, mais insuffisant pour maintenir l’intérêt du grand public pendant quatre ans de développement supplémentaire.

Un délai, une pression financière, un moment de vérité

Initialement prévu pour le 31 octobre 2025, date d’Halloween, parfaitement choisie pour l’ambiance gothique du jeu — Mina the Hollower avait été repoussé au 29 mai 2026. Le 1er juin, le programmeur David D’Angelo a confié à GameSpot que des play tests infructueux avaient conduit à ce report. Six années de développement au total. Et pendant tout ce temps, le studio saignait financièrement.

Dans les semaines précédant le lancement, Yacht Club avait confié à Bloomberg Businessweek que Mina the Hollower représentait un moment « make or break » pour le studio, expliquant qu’ils avaient dû mettre en pause un second projet et entamer sérieusement leurs réserves de trésorerie après six années de développement. Concrètement : si le jeu floppait, le studio fermait ses portes.

L’industrie du jeu vidéo n’aide pas. 2026 s’est révélée particulièrement rude pour le secteur : au milieu de vagues massives de licenciements et de fermetures de studios, des titres très attendus ont été annulés, et des jeux live-service de longue date comme Destiny 2 ont été coupés, laissant des communautés entières sans conclusion. Dans ce contexte, un petit studio indie misait tout sur une souris de pixel art. Le timing ne pouvait pas être plus risqué.

300 000 copies en trois jours. Puis 500 000.

À sa sortie, Mina the Hollower a reçu une « acclamation universelle » selon Metacritic, et 98 % des critiques sur OpenCritic recommandent le jeu. Pour un titre en pixel art inspiré du Game Boy Color, face à des mastodontes comme Resident Evil Requiem ou Forza Horizon 6, c’est un séisme.

Selon Metacritic, le jeu de Yacht Club caracole en tête des meilleurs jeux de 2026. La version PC affiche notamment un score critique global de 92/100, le plaçant devant Forza Horizon 6 (91/100) et à égalité très favorable face à Pokémon Pokopia et Resident Evil Requiem (89/100). La presse spécialisée n’a pas ménagé ses superlatifs. Les critiques ont salué la capacité du jeu à atteindre les mêmes sommets en action et en style que ses illustres inspirations, Zelda, Castlevania, et les RPGs FromSoft, avec bien moins de ressources.

Les ventes ont suivi la même trajectoire. Le jeu a vendu plus de 300 000 copies sur toutes les plateformes dans les trois premiers jours. Quelques semaines plus tard, Yacht Club annonçait que Mina the Hollower avait franchi le cap des 500 000 copies. Le co-fondateur Sean Velasco a confié à Bloomberg que « les fortes ventes signifient que Yacht Club peut continuer à opérer sans faire de coupes ni solliciter d’investissements extérieurs, au moins pour l’instant. »

Pourquoi ça marche quand les AAA fatiguent

Le jeu s’inspire des mécaniques et de l’esthétique visuelle des jeux d’action-aventure développés pour la famille de consoles Game Boy. Une proposition qui aurait pu sembler passéiste en 2026. Mais c’est précisément cette clarté d’intention qui touche juste. Les critiques saluent un jeu d’action-aventure 2D brillant qui s’inspire clairement du Zelda classique tout en construisant quelque chose qui se sent frais, exigeant et authentiquement personnel, avec une exploration ouverte, des systèmes de combat intelligents et des modificateurs de difficulté flexibles.

Le gameplay lui-même repose sur une idée simple et déclinable à l’infini. Le personnage principal, Mina, est une souris génie inventrice qui peut choisir entre trois armes au démarrage : un fouet, des dagues jumelles ou un marteau permettant d’attaquer dans quatre directions. Le système de mort du jeu s’inspire de Dark Souls, créant cette boucle de tension familière aux fans de soulslike, mais encapsulée dans un format qui ne demande pas 80 heures d’investissement pour apprécier l’essentiel.

Comme c’est de plus en plus le cas ces dernières années, les plus grandes success stories de 2026 sont avant tout ancrées dans la scène indépendante, là où de petites équipes de créateurs passionnés bossent d’arrache-pied pour maintenir vivant un art que le gaming AAA saigne à blanc. Les développeurs étaient confiants que Mina the Hollower était un grand jeu, le meilleur de l’histoire de Yacht Club, mais ils admettent qu’ils n’attendaient pas une telle acclamation quasi-unanime des critiques et du public.

Un dernier détail qui dit tout sur la philosophie du studio : le jeu le mieux noté de 2026 est affiché à 20 dollars parce que les développeurs « ne veulent pas que les gens attendent » une promotion. Dans une industrie où les prix des jeux AAA ne cessent de grimper, Yacht Club Games a fait le choix inverse, et c’est sans doute ce qui a convaincu des centaines de milliers de joueurs d’appuyer sur « Acheter » sans réfléchir à deux fois.