800 euros sortis de la poche le jour J. Pas de remords, pas d’hésitation. Les tests étaient dithyrambiques, la puissance brute sur le papier impressionnait, et Sony promettait enfin de tordre le cou au sempiternel dilemme « mode Performance ou mode Qualité ». Un an et demi après ce lancement en fanfare de novembre 2024, voilà ce que personne n’a vraiment eu le courage d’écrire franchement dans un test sous embargo.
À retenir
- Les tests de lancement ont tu les instabilités majeure du PSSR sur les jeux phares
- Le coût réel dépasse les 800 € et nécessite un équipement haut de gamme pour être justifié
- La console n’a tenu ses promesses que 16 mois plus tard avec le PSSR 2.0
Ce que les tests de lancement ont soigneusement évité de dire
La promesse centrale de la PS5 Pro, celle qui justifiait tout le reste, reposait sur une technologie baptisée PSSR (PlayStation Spectral Super Resolution). Un système d’upscaling par IA censé reconstruire une image 4K nette à partir d’une résolution interne plus basse, sans sacrifier la fluidité. Beau programme. La console visait des performances graphiques proches des meilleures configurations PC du marché, mais lors de sa sortie, le PSSR avait laissé plus d’un joueur sur leur faim, avec des instabilités sur certains titres phares.
le problème était concret et documenté. Plusieurs titres majeurs ont paradoxalement affiché des performances inférieures à la PS5 standard, notamment en raison de problèmes liés au PSSR. Des jeux comme Silent Hill 2 Remake et Star Wars Jedi: Survivor ont particulièrement souffert d’effets de scintillement persistants. Digital Foundry avait analysé la situation et conclu sans détour : le PSSR, le système d’upscale utilisant l’IA pour reconstruire les détails manquants, produisait des résultats incohérents d’une image à l’autre, ce qui expliquait ces scintillements.
Ce qui est piquant, c’est la réaction du secteur face aux signalements des joueurs. Le gros hic était le silence radio des principaux intéressés : ni Sony, ni les éditeurs concernés n’avaient donné signe de vie malgré les nombreux signalements. Shawn Layden, ancien président des PlayStation Studios, avait d’ailleurs résumé la situation avec une honnêteté brutale : il déclarait que « nous en sommes au stade de développement du hardware que j’appelle ‘seuls les chiens peuvent entendre la différence’ », ajoutant qu’il fallait avoir l’œil, jouer dans des conditions optimales et prendre le temps de s’attarder sur les détails pour voir les différences entre certains modes de rendu. Dit autrement : la révolution visuelle promise nécessitait une loupe et une bonne dose de foi.
Le ticket d’entrée réel : bien au-delà de 800 €
L’absence de lecteur de disque intégré à la PS5 Pro a été l’un des points les plus critiqués lors de son annonce. Le lecteur est vendu séparément à 79,99 € en Europe, portant le coût total d’une PS5 Pro avec lecteur à environ 880 €. Et encore, c’est la version optimiste. Un téléviseur 4K HDR est fortement recommandé pour tirer le meilleur parti de la PS5 Pro, et sur un écran 1080p, les améliorations en résolution et le PSSR seront largement imperceptibles. Si vous jouez sur une bonne vieille TV Full HD dans votre salon, vous avez payé 800 euros pour essentiellement… la même expérience qu’avant.
L’achat n’est pertinent que pour les utilisateurs exigeants équipés d’écrans haut de gamme, les subtilités graphiques restant imperceptibles dans le feu de l’action pour un public standard. Ce détail, capital, était souvent relégué en bas de test, après les captures d’écran flatteuses. Le chiffre clé se résume à 67 % de puissance GPU supplémentaire pour 78 % de prix en plus. Le ratio performance/prix favorise légèrement la PS5 standard, mais la PS5 Pro offre une expérience qualitative que les chiffres seuls ne capturent pas. Une nuance que beaucoup ont oubliée de mettre en avant.
Les ventes au lancement avaient pourtant été solides. En novembre 2024, la PS5 Pro a représenté 19 % des ventes de PS5 aux États-Unis. Au Royaume-Uni, 26 % des consoles vendues étaient des PS5 Pro. Mais dès les trois premiers mois, des analystes indiquaient que la PS5 Pro affichait une courbe de ventes déjà en-dessous de celle de la PS4 Pro sur la même période. Le soufflé early adopter était retombé vite.
Ce que personne ne vous avait dit : ça s’est rattrapé, mais progressivement
L’histoire de la PS5 Pro, c’est celle d’une console qui a mis du temps à tenir ses promesses, et qui les tient finalement, un an et demi plus tard, grâce au logiciel plutôt qu’au matériel. Sony a officiellement déployé le PSSR 2.0 sur PS5 Pro le 24 mars 2026, une version améliorée de leur technologie d’upscaling IA développée en collaboration avec AMD. Cette mise à jour corrige les principaux défauts reprochés au PSSR 1.0, notamment les problèmes de bruit visuel et d’instabilité dans les scènes dynamiques.
Les résultats concrets sont là. L’exemple le plus bluffant reste Alan Wake 2 : une image reconstruite depuis une résolution interne de 864p sur PS5 Pro avec le PSSR 2.0 offre un résultat visuel supérieur au mode qualité de la PS5 standard, qui tourne pourtant en 1270p. La qualité des pixels prime désormais sur leur quantité brute. C’est précisément ce qui était promis en novembre 2024, livré en mars 2026. Seize mois plus tard.
Contrairement au PSSR 1.0 qui nécessitait des patchs jeu par jeu, cette nouvelle version s’applique au niveau système à de nombreux titres PS5 déjà compatibles. Il existe désormais plus de 100 jeux optimisés pour la PS5 Pro, et le catalogue continue de grossir. La véritable révolution se situe dans la partie software et non hardware. Le déploiement du PSSR 2.0 a inversé la donne, développé en collaboration avec AMD en s’inspirant de leur FSR4, cet algorithme d’upscaling par IA corrigeant d’une belle manière les anciens défauts de jeunesse de la console.
Tout n’est pas rose pour autant. Certaines voix dans la communauté restent sceptiques sur l’ampleur réelle des gains. Les premières comparaisons entre PSSR 1 et PSSR 2 ont de quoi laisser perplexe : la différence est si subtile qu’il faut zoomer pour la percevoir, avec une légère amélioration de la netteté et des reflets un peu plus définis, mais rien qui justifie le terme de « révolution » martelé par Sony depuis des mois.
La vraie leçon pour les futurs early adopters
Acheter une console de mi-génération le jour de sa sortie, c’est parier sur ce qu’elle deviendra, pas sur ce qu’elle est. La PS5 Pro illustre ce principe de façon presque scolaire : une promesse technologique réelle, un lancement software bâclé, une correction progressive. Pour jouer aux hits PlayStation, c’est la meilleure option. Mais après plus de 1000 heures de jeu, la PS5 Pro a des petits défauts qui empêchent de la conseiller les yeux fermés si vous n’êtes qu’un joueur occasionnel.
Le profil de l’acheteur idéal n’a pas changé depuis le lancement : TV 4K OLED ou QLED avec HDMI 2.1, sensibilité aux framerate et à la qualité d’image, et goût pour les exclusivités Sony en mode graphique maximal. Pour les autres, la PS5 standard reste le choix intelligent si vous jouez sur un écran 1080p, si vous êtes joueur occasionnel, ou si vous souhaitez simplement accéder à l’écosystème PlayStation au meilleur prix. La PS5 Slim reste une console exceptionnelle qui fait tourner chaque jeu de la bibliothèque PlayStation.
Ce que les tests de lancement auraient dû écrire noir sur blanc : vous n’achetiez pas la PS5 Pro telle qu’elle était, vous pariiez sur la PS5 Pro telle qu’elle serait. Et avec GTA VI prévu pour le 19 novembre 2026, toute cette technologie commence enfin à trouver le jeu capable de l’exploiter pleinement, et un seul nom dicte désormais sa loi : Grand Theft Auto VI. La console qui attendait son système nerveux central l’a finalement trouvé, mais au bout d’un long couloir.
Source : news-console.fr