La Nintendo Switch 2 s’est écoulée à 17,37 millions d’exemplaires en moins de neuf mois. C’est le meilleur lancement de l’histoire de Nintendo, et ça laisse peu de doutes sur l’engouement autour de la console. Cinq heures de jeu dessus, c’est suffisant pour comprendre pourquoi elle séduit autant. C’est aussi largement suffisant pour se rappeler que Nintendo n’a toujours pas réglé LE problème qui empoisonne la vie des joueurs depuis 2017.
À retenir
- Nintendo a choisi la puissance au détriment de l’autonomie : seulement 2h30 à 3h de batterie en jeu
- Le problème de drift resurgit déjà : les joysticks utilisent encore la vieille technologie problématique
- La solution technologique existe depuis des années, mais Nintendo refuse de l’intégrer
Une console qui fait quasiment tout bien
Contrairement à sa stratégie habituelle qui consistait à toujours apporter un élément hardware innovant quitte à rester en retrait sur la puissance, Nintendo a cette fois fait le choix de proposer une console dans la lignée de la Switch, mais fortement améliorée sous tous les aspects. Et ça se sent vraiment en main. La plupart des défauts de la première Switch ont été corrigés, avec des Joy-Con plus agréables et plus solides, un écran plus agréable, un microphone impressionnant et une prise en main très confortable.
Les Joy-Con originaux étaient pratiques pour les petites mains mais notoirement inconfortables pour les joueurs adultes. Un format trapu, des contrôles minuscules et une hauteur insuffisante rendaient les longues sessions presque torturantes en fin de vie de la console. Les Joy-Con 2 ont clairement bénéficié d’un sérieux coup de polish : ils ont été allongés, recouverts d’une finition mat très agréable, et bénéficient de sticks et de boutons plus larges. Au lieu de glisser dans des rails comme sur la Switch, ils s’attachent désormais à l’aide de puissants aimants. Une fois la console en main, les Joy-Con 2 se fixent et se détachent instantanément, tout en restant fermement attachés.
Côté performances, la machine impressionne. Avec la prise en charge des résolutions jusqu’à 4K et 1440p ainsi que le 120 Hz en mode docké et portable, Nintendo a réussi à rattraper son retard sur les autres consoles contemporaines. La rétrocompatibilité ? Impeccable. La plupart des jeux Switch bénéficient du stockage interne plus rapide de la Switch 2, ce qui signifie que les jeux démarrent et chargent les scènes beaucoup plus rapidement en moyenne. : une Switch Pro honnête et aboutie.
L’autonomie : le retour du cauchemar portable
Mais jouez cinq heures d’affilée, et la réalité vous rattrape brutalement. L’autonomie de la batterie officielle est d’environ 2,5 à 6,5 heures lorsqu’elle est complètement chargée, ce qui est déjà une fourchette très large. En pratique, c’est pire. Nos parties de Mario Kart World ont duré entre 2h30 et 3h loin de la prise, Cyberpunk 2077 vide la batterie en deux heures, et même sur un titre plus simple, l’autonomie a du mal à dépasser les trois heures.
Nintendo reconnaît que l’autonomie était « une considération importante » à cause du nouveau processeur haute performance et de la mémoire système importante, qui consomment tous les deux beaucoup d’énergie. Nintendo savait. Et a quand même choisi de prioriser la puissance. Ce n’est pas un bug, c’est un compromis assumé, ce qui ne le rend pas moins frustrant pour un trajet Paris-Marseille en TGV. La recharge elle-même prend environ trois heures pour compléter la batterie. En 2025, pour une batterie de 5 220 mAh, c’est particulièrement lent.
Un point intéressant à noter : Nintendo propose une option pour limiter la recharge à 90% au maximum, ce qui prend déjà trois heures, réduisant inévitablement l’autonomie mais rallongeant la durée de vie de la batterie au fil des années. Ce genre de détail montre que Nintendo a réfléchi à la longévité de sa machine. Mais côté recharge rapide, on reste loin des standards actuels de l’industrie mobile.
Le drift : dix ans, aucune leçon retenue
C’est là que ça fait vraiment mal. Le Joy-Con drift, ce dysfonctionnement où le joystick enregistre des mouvements fantômes sans qu’on y touche — avait littéralement traumatisé des millions de joueurs sur la première Switch. Une enquête avait révélé que 40% des propriétaires de Switch avaient des problèmes de drift, et les choses ne s’étaient pas améliorées avec les versions Lite ou OLED. Après plusieurs poursuites judiciaires, le président de Nintendo avait même reconnu le problème et s’était excusé, mettant en place un programme de réparation gratuit.
La solution technologique existait. La technologie a évolué et de nombreuses manettes embarquent désormais des joysticks avec effet Hall, utilisant des aimants pour éviter l’usure prématurée des potentiomètres traditionnels, qui donnait lieu au drift. Tout le monde l’espérait pour la Switch 2. Nintendo a confirmé que les Joy-Con 2 n’intègrent pas de capteurs à effet Hall, décevant ainsi les fans. Nintendo a argué que le nouveau mécanisme d’attachement magnétique interfèrerait avec les aimants des capteurs à effet Hall. Soit. Mais rien ne les empêchait d’opter pour la technologie TMR (Tunneling Magnetoresistance), qui est moins sensible aux interférences magnétiques.
Les nouveaux contrôleurs de la Switch 2 présentent une conception familière : des sticks analogiques basés sur des potentiomètres, une technologie qui a déjà provoqué des cauchemars de garantie sur les Joy-Con originaux. Et les premiers démontages l’ont confirmé sans équivoque. Les premières analyses révèlent que peu a changé dans la conception des sticks analogiques. Les photos partagées par des utilisateurs montrent des potentiomètres ALPS à l’intérieur, des composants dont les pièces se dégradent progressivement et provoquent des mouvements erratiques en jeu.
Résultat ? Moins d’un mois après la sortie de la console, des utilisateurs rapportaient déjà des cas de sticks qui bougent tout seuls. Cette fois, Nintendo a reconnu le problème immédiatement et a promis de réparer gratuitement toutes les manettes concernées. C’est un progrès dans la communication, certes. Mais pas dans l’ingénierie.
Ce que ça dit sur Nintendo en 2026
La Switch 2 est un excellent produit. Personne ne prétend le contraire. C’est la console hybride la plus agréable du marché à ce jour, avec des performances très solides, bien que toujours un cran en dessous des consoles de salon classiques. Le succès commercial le prouve sans appel : depuis son lancement en juin 2025, la console s’est écoulée à 17,37 millions d’exemplaires à travers le monde.
Mais cette réussite ne doit pas masquer un choix de conception qui reste incompréhensible. Sur l’autonomie, le compromis puissance/batterie est au moins défendable. Sur le drift, c’est plus difficile à avaler : la technologie pour l’éviter existe, elle est moins chère qu’avant, des fabricants tiers comme Gulikit la proposent. Ces sticks tiers prouvent que Nintendo aurait pu intégrer la technologie TMR sur sa dernière console dès le départ. La question des coûts de production est peut-être la vraie réponse, celle qu’on n’entendra jamais officiellement. En attendant, si l’autonomie de la Switch 2 pose problème, les joueurs peuvent espérer une version améliorée, comme Nintendo l’avait fait avec la première Switch, dont la révision de 2019 avait amélioré l’endurance de la batterie. L’histoire, visiblement, est condamnée à se répéter.
Sources : all-nintendo.com | jeuxvideo.com