Vous envoyez une invitation à votre pote sur PS5 ou Xbox, la manette vibre, l’écran de chargement tourne… et puis rien. Retour au menu principal, comme si de rien n’était. La console n’est pas en cause : le vrai responsable dort tranquillement dans le boîtier posé sous la télé, votre box internet, et un paramètre réseau baptisé NAT que 90% des joueurs ignorent totalement.
À retenir
- Pourquoi votre box, pas votre console, est le vrai responsable des invitations qui ne passent pas
- Comment le NAT type 3 « strict » crée une asymétrie bizarre : vous pouvez vous connecter à vos amis, mais pas l’inverse
- Le piège du double NAT que presque tous les gamers avec routeur Wi-Fi perso ont sans le savoir
Le coupable, c’est le NAT de votre box
NAT, ça veut dire Network Address Translation, une technique qui permet à votre box de partager une seule adresse IP publique entre tous les appareils de la maison (console, smartphone, PC, télé connectée). Nat est une technique qui nous permet de partager notre IP publique à partir de plusieurs appareils qui sont sur le réseau local et qui se connectent à Internet. Problème : cette traduction d’adresse fonctionne comme un videur de boîte de nuit un peu trop zélé, qui filtre ce qui rentre et ce qui sort.
Sur PS5 comme sur Xbox, ce NAT est classé en trois catégories. Le type 2, ou « modéré », c’est la norme sur la majorité des foyers français et il suffit largement pour jouer normalement. Le NAT de type 2 est parfaitement adapté et constitue la norme recommandée pour la plupart des réseaux domestiques, vous pourrez jouer, héberger des parties et discuter en groupe dans 99% des jeux sans problème. Le vrai souci démarre avec le NAT de type 3, le « strict », celui qui bloque une bonne partie des connexions entrantes, y compris les invitations d’amis.
Et voilà le twist qui explique pourquoi ça marche pour vous mais pas pour votre pote : la compatibilité NAT ne dépend pas que de votre config, elle dépend aussi de celle de la personne qui vous invite. La compatibilité NAT fonctionne selon le plus petit dénominateur commun : un joueur avec un NAT de type 3 peut souvent se connecter aux hôtes de type 2 ou 1, mais les joueurs de type 2/1 peuvent ne pas pouvoir se connecter au joueur de type 3. si c’est votre ami qui est bloqué en NAT strict, c’est lui qui doit revoir sa box, pas vous.
UPnP, DMZ, double NAT : le trio qui sème la pagaille
Sur le papier, la solution existe déjà dans votre box : l’UPnP (Universal Plug and Play). Ce protocole laisse la console demander elle-même les ports dont elle a besoin, sans que vous ayez à toucher à quoi que ce soit. Activer l’UPnP est l’un des moyens les plus simples d’obtenir un NAT ouvert sur son réseau : cela permet aux appareils de demander les ports dont ils ont besoin. Mais dans la vraie vie, ce protocole est souvent mal implémenté ou carrément désactivé par défaut sur certains modèles de box, et c’est là que le bât blesse.
Un autre scénario classique concerne les gamers qui ont branché leur propre routeur Wi-Fi (Asus, TP-Link, Netgear) derrière la box de leur fournisseur pour améliorer leur réseau domestique. Résultat : deux pare-feux empilés qui se marchent dessus, un phénomène qu’on appelle le double NAT. La console s’obstine à afficher NAT Modéré ou une erreur de type Double NAT, souvent le cas si vous avez branché votre propre routeur Wi-Fi derrière la box de votre fournisseur : vous avez deux pare-feux empilés. Concrètement, la box du fournisseur filtre déjà les paquets avant même qu’ils arrivent à votre routeur perso, qui les filtre à son tour. Double filtrage, double galère.
Il existe aussi une option radicale : la DMZ (zone démilitarisée), qui expose directement la console sur internet sans aucune protection. Ça règle le problème de NAT à coup sûr, mais ça a un prix. Placer sa console dans la DMZ la rend directement exposée à Internet, sans protection de pare-feu, même si le risque d’une attaque directe reste faible. Les experts réseau déconseillent d’ailleurs cette solution en dernier recours, préférant l’UPnP ou l’ouverture manuelle de ports qui restent plus ciblées. Il est recommandé, par mesure de sécurité, d’utiliser UPnP ou la redirection de ports, car ces protocoles n’ouvrent que les ports nécessaires.
Les manipulations qui débloquent vraiment la situation
Avant de démonter toute votre installation réseau, commencez simple. Direction les paramètres réseau de la console, testez la connexion internet pour voir votre type de NAT actuel, puis allez fouiller dans l’interface de votre box pour vérifier que l’UPnP est bien coché. Un détail négligé mais efficace : redémarrer le matériel après chaque modification n’est pas optionnel. Vous devez systématiquement redémarrer votre PS5 après avoir modifié les paramètres du routeur, et redémarrer également votre routeur. Sans ce reboot, les nouvelles règles ne sont tout simplement jamais appliquées.
Si l’UPnP seul ne suffit pas, l’étape suivante consiste à attribuer une adresse IP fixe à votre console via un bail DHCP statique, puis à ouvrir manuellement les ports spécifiques au réseau PlayStation ou Xbox Live dans l’interface de la box. Une fois les ports mappés vers cette IP dédiée, le trafic entrant sait exactement où aller sans passer par la case UPnP, souvent capricieuse.
Certains opérateurs ajoutent une couche de complexité supplémentaire sans prévenir. C’est notamment le cas chez Orange, dont des utilisateurs ont signalé un passage discret de leurs Livebox en CGNAT, une technologie qui partage une même IP publique entre plusieurs foyers et rend l’ouverture de ports quasiment impossible tant qu’elle n’est pas désactivée manuellement. Orange a passé récemment et discrètement les livebox en CG-NAT, une option qu’on peut désactiver via les paramètres réseau de la livebox. Si aucune manipulation de NAT ou d’UPnP ne change quoi que ce soit chez vous malgré tous les efforts du monde, direction les paramètres avancés de votre box pour vérifier ce point précis : c’est souvent le suspect numéro un que personne ne pense à interroger en premier.
Sources : communaute.orange.fr | comparatel.fr | tutoriaux-excalibur.com